Un témoignage très fin, très maîtrisé, très doux et absolument truculent où les anecdotes les plus savoureuses se disputent, avec une gouaille imagée, de beaux moments de nostalgie, de désir et de coquinerie, sous fond de Guerre ou d’urbanité.
Avec une écriture simple et efficace qui force le respect, Jacques Laurent se rappelle ses premiers effleurements avec la gente féminine, ses rencontres au Bordel avec son prof de Mathématiques qui lui feront remonter sa moyenne, de manière sensible, dans la matière, ses moments particuliers dans le Maquis, les émotions les plus exquises qu’il met en scène de manière inventive, épatante et jubilatoire.
Jacques Laurent parvient à nous faire partager les moments les plus intimes de sa vie passée sans jamais tomber dans la private joke, le futile ou l’ennuyeux, chaque évocation est une fête. On sourit, on rit, on s’imagine les scènes ; on est tellement en communion avec cette histoire personnelle qu’on s’en voudrait presque de ne pas l’avoir vécue nous-mêmes.
Un livre qui nous rend complice avec son auteur, un récit plein d’ondes positives, de couleurs, d’audaces et de mille sentiments forts et précieux.
Malgré une chronologie un peu aléatoire et une extrême concision dans les paragraphes, on est touché, ému par ces instants rares et contés avec tant de talent, de grace et d’énergie du beau. On est séduit jusqu’à la dernière ligne.
Oeuvre interactive à part entière on vibre avec Jacques Laurent pendant toute cette balade inclassable. Un bonheur contagieux. Une vie qu’on envie, un auteur généreux qui offre ainsi le meilleur de son regard sur le monde, tableau après tableau. A lire absolument. A partager avec ceux qu’on aime.
