Cet album a la couleur du voyage...Qu’avez vous appris lors de vos différents périples en Russie ou en Amérique du sud ?
Louise Attaque : « A boire plus de vodka et bien prononcer "Brasil, Brasil" tout en bougeant le bassin. On a aussi partagé les concerts avec un public chaque jour différent mais qui cherchait la même chose : l’échange, l’émotion. »
Quel est votre meilleur souvenir sur ces 3 mois ?
Louise Attaque : « Beaucoup d’images restent, avec peut-être un avantage pour l’Inde, si différente de l’Europe. En particulier, on a croisé deux éléphants en plein Bombay à deux heures du matin. Ça fait son petit effet, croyez moi (rire). »
Vous aimez passer du chaud au froid dans votre musique (de l’électrique à l’acoustique) comme lors de ce périple sur les 3 continents. Comment s’est fait le choix des pays visités ?
Louise Attaque : « Nous voulions jouer dans des pays dans lesquels nous n’étions jamais allés. Notre manager a pris contact avec l’ Alliance Française qui nous a proposé ces pays. »
La fraîcheur de la musique (beaucoup moins commercialisée et plus naturelle) dans ces contrées vous a t-elle fait du bien ?
Louise Attaque : « Je ne sais pas si je partage ce point de vue : en Russie, en Amérique Latine et en Inde, ils ont aussi beaucoup de soupe. Ce qui nous a fait du bien, c’est surtout de rejouer ensemble après des années, dans ce contexte de découverte et d’aventure. »
Que s’est-il passé avec Dima, le chanteur que vous aviez invité lors de votre passage en Biélorussie ?
Louise Attaque : « Quelques étudiants biélorusses de Minsk nous attendaient pour échanger, discuter de leur situation politique : ce pays bout à l’intérieur et nous avons eu plus d’échanges intellectuels avec eux en une nuit qu’en France en un an. A cette occasion, nous avons rencontré Dima, artiste biélorusse, qui nous a proposé de reprendre une chanson avec lui lors de notre concert, laquelle chanson fait figure de chant démocratique dans ce pays. Nous l’avons jouée et nous avons invité Dima à venir en France prochainement pour un concert radio. »
Avez-vous pris conscience d’avoir la chance de vivre dans un pays démocratique ?
Louise Attaque : « On en avait déjà conscience, on a déjà visité des dictatures. Mais il est vrai qu’à chaque fois c’est édifiant. »
Sentiez-vous le besoin de vous retrouver après vos projets Ali Dragon et Tarmac ?
Louise Attaque : « Nous voulions de toute façon sortir de cette "pause" dans laquelle se trouvait Louise, quitte à arrêter définitivement si nous n’arrivions plus à créer ensemble. Ce qui n’excluait pas l’envie d’essayer et la curiosité. »
Est-ce que ces 4 ans et vos recherches parallèles ont fourni le son différent du nouvel album ?
Louise Attaque : « Ils y ont contribué. D’une façon générale, l’expérience accumulée individuellement durant ces 4 années a aidé chacun à mieux se connaître et mieux savoir quoi proposer aux autres. »
Qu’attendiez-vous de votre séjour dans la Drôme quand vous avez décidé de tenter à nouveau le coup ensemble ?
Louise Attaque : « Rien. Une réponse, simplement : oui ou non ? »
Les chansons de votre album sont souvent de grands questionnements, avez-vous trouvé les réponses ?
Louise Attaque : « Bien sûr, mais on les garde pour nous. »
Vous agrémentez vos chansons d’introductions très brèves, pourquoi ne pas les inclure à vos titres mais bien en faire des chansons ?
Louise Attaque : « Ça nous plaît comme ça : différents formats, différentes longueurs, différentes émotions. »
« Oui, Non » et sa suite sont de vrais petits rappels de ce qu’étaient votre groupe à vos débuts ?
Louise Attaque : « Disons qu’on est toujours ça aussi. »
Le fait d’électrifier la guitare, de laisser une marge énorme au violon, vous a obligé à chanter autrement non ?
Louise Attaque : « Gaëtan chante différemment parce qu’il a eu envie d’aller dans cette direction avec sa voix, en même temps que chacun a proposé aussi d’autres directions pour son propre instrument. On a vécu cette nouvelle direction, ce nouveau son, dès la Drôme, et Mark Plati, la personne qui a produit l’album avec nous, nous a beaucoup aidés à maintenir ce cap. »
Après « See You later Alligator » la piste 14, vous semblez offrir encore un nouveau visage jusqu’à « Ça m’aurait Plu » ?
Louise Attaque : « Oui, cet album est plus libéré que les précédents, il supporte donc facilement nos différentes facettes. »
Louise Attaque est-il encore un groupe démocratique ou avez-vous pensé par les expériences passées que ce système était obsolète ?
Louise Attaque : « Nous avons toujours cherché à faire mieux que la démocratie, et en général nous y sommes arrivés. C’est toujours le cas. »
Vous êtes partis enregistrer une partie du disque à New York, c’était un fantasme ou un réel besoin d’aller puiser des influences dans un endroit où Louise Attaque ne signifie pas grand chose ?
Louise Attaque : « Surtout une envie forte de retrouver cette ville dans laquelle nous nous sentons bien, et puis c’est aussi la ville où vit Mark Plati. »
« Comme on a dit » était-il le disque d’un groupe malade de sa notoriété ?
Louise Attaque : « Quand même pas ! On aime toujours ce disque et ses chansons, même s’il est vrai que c’est aussi un disque en réaction à une situation que nous avions du mal à maîtriser. Ça a été aussi pour nous l’occasion d’affirmer une autre facette, celle du rock, et c’était sans doute nécessaire pour nous à ce moment. »
Etes-vous conscient que votre public ne retrouvera pas « sa Louise » comme il l’avait connue, cela vous fait-il peur ?
Louise Attaque : « Non, le public ne nous appartient pas. Nous sommes heureux de lui proposer cette Louise nouvelle, mais il fait ce qu’il veut. »
Que pensez-vous de l’acte de courage de Sean Penn lors des désastres qu’a engendré Katerina et de son engagement face à Bush ?
Louise Attaque : « Vive Sean Penn ! »
Vous offrez un film sur votre périple avec quelques moments cocasses, notamment lorsque vous faites chanter « Je t’emmène au vent » à un garçon plus habitué apparemment à Céline Dion ?
Louise Attaque : « Le film propose des moments de tournée, dont celui-là : on avait envie de faire une blague à notre petit starac’, mais juste pour rigoler. Il s’en est d’ ailleurs bien sorti, quoique surpris. »
L’oxygène à inhaler en bouteille avant un concert c’est maintenant monnaie courante dans le groupe plutôt qu’un bon verre de vin ?
Louise Attaque : « Ah non alors ! On a introduit la vodka depuis, mais il est hors de question de toucher au vin, vous m’entendez, hors de question ! »
