Le quinquagénaire et ses bluettes sentimentales prend les rides du monde en pleine face, ce qui lui offre un collagène consistant.
En quittant le costume d’éternel jeune plaintif et en prenant du recul sur la vie, Monsieur Souchon a effectivement des allures de Théodore. Il s’embarque apparemment, le soir avec le philosophe pour une marche initiatique et ça paye. Encore tendre mais prêt à passer un cap.
Plus sombre comme sur la pochette où on le voit penseur de Rodin avec les cheveux en bataille. « Bonjour Tristesse » vient pudiquement rendre hommage à Françoise Sagan et Jean qui rit-Jean qui pleure (la marque de fabrique du Monsieur) zigzag de titre en titre. D’un « Collant l’Oreille à l’Appareil » vif et rappelant un Albin de la Simone qui aurait de la bouteille à « A cause d’Elle » mélodie sensible, c’est toujours le même mais ce n’est plus pareil. Marqué par la terre qui tourne mal « Et Si en Plus Y’a Personne » dénonce l’opium du peuple et la futilité des choses pour ensuite proposer à travers « Le Marin » et « L’île du Dédain » un échappatoire à travers le mystère de l’amour et les grands voyages comme une ligne de fuite.
Les jupes des filles, deviennent par la magie de compositions ciselées par l’éternelle paire Souchon-Voulzy (et saupoudrées du fils Pierre), de vraies robes de femmes avec un grand F serties de diamants et couchées sur le sable d’or en attendant le passage du nouveau Théodore.
