Fernand est l’auteur, pas sage, toujours en « ré-action » de « Mes vieux os » une petite plaquette de poèmes pacifistes publiés à compte d’auteur. La découverte de ce livre est l’alibi d’un extraordinaire voyage humain, référentiel dans les temps libertaires à travers la focale d’un œil neuf, respectueux et curieux du passé.
Outre le fil romanesque Paco nous offre ici un livre complet rempli d’annexes historiques dont un index biobibliographique car « Dansons la Ravachole » met en avant toute une galerie de personnages connus ou inconnus dont le destin a pu nous échapper. Ainsi dans ces courtes biographies on retrouve aussi bien Cendrars, que Breton ou Camus mais aussi Georges Cochon, Léo ferré, Sébastien Faure ou encore Libertad et Louise Michel à qui ont doit cette citation très enrichissante sur le sujet :
« Je suis donc anarchiste parce que l’anarchie seule fera le bonheur de l’humanité, et parce que l’idée la plus haute qui puisse être saisie par l’intelligence humaine est l’anarchie, en attendant qu’un summum soit à l’horizon ».
A travers le prétexte de la rencontre intergénérationnelle entre ces deux hommes, Paco avec une grande habilité et une foultitudes de détails et anecdotes nous dresse le portrait de l’anarchisme au XX ème siècle en emmenant son lecteur dans des lieux pittoresques et inédits décrivant ces ambiances « historiques » avec une grande vérité.
Ainsi on se retrouve plongé sans déplaisir dans des débats sans fin d’idéalistes qui tentent de refaire le monde ou d’aider leurs camarades opprimés ou appauvris par le système.
Paco, semble bien connaître et aimer ce milieu et ses personnages, il nous raconte le tout avec une grande humanité, beaucoup de légèreté et toujours un grand respect pour tous les acteurs de ces instants de vie qui font partie d’une Histoire française un peu oubliée.
Ce livre est aussi l’occasion de régler quelques comptes avec les Staliniens et de rappeler, entre autres, de dénoncer l’Homophobie de certaines camarades gauchistes dans les années 70.
De sa préférence pour les garçons, Fernand en parle très simplement, officialisant celle-ci quelques années après le décès d’un enfant mort-né dont il était le père, il dit qu’il est « inutile de se blesser en portant des chaussures de taille 38 quand on chausse du 42. »
« Dansons la Ravachole » est un livre précieux, didactique et attachant qui nous dresse le portrait d’une France underground d’une époque qu’on connaît finalement très mal.
Les ancêtres des « activistes » du net ont bien des choses à nous apprendre et le livre de Paco est un formidable incipit à cette connaissance libertaire si riche, pertinente et impertinente et qu’il nous faut posséder si on entend être, un tant soit peu, des individus.... Libres.
