Sa trajectoire reste d’ailleurs assez singulière. Longtemps réduite par une partie du public et des médias à une image fabriquée autour d’elle, Zahia Dehar a progressivement déplacé cette représentation par la mode puis par le cinéma. Elle n’essaie pas nécessairement de gommer ce qui la rend identifiable : elle semble au contraire avoir compris comment transformer cette singularité en matière de jeu.
Le deuxième épisode de Paolo montre précisément pourquoi elle fonctionne à l’écran. Elle n’est pas dans une logique de surjeu ou de performance spectaculaire. Son pouvoir vient davantage de l’ambiguïté. On croit parfois pouvoir lire son personnage, puis quelque chose dans son visage ou dans son attitude vient immédiatement compliquer cette première impression.
Cette ambiguïté est probablement l’une des raisons pour lesquelles Rebecca Zlotowski avait si justement perçu son potentiel dans Une fille facile. Zahia Dehar peut sembler simultanément vulnérable et inaccessible, légère et grave, totalement présente et pourtant ailleurs. Peu d’actrices possèdent naturellement ce type de contradiction.
Avec Paolo, elle confirme donc qu’elle n’était pas simplement une curiosité de casting devenue actrice le temps d’un film. Elle possède un véritable potentiel cinématographique et, surtout, une identité immédiatement reconnaissable.
Et il y a presque une ironie dans son parcours : Zahia Dehar, son prénom est plus connu que son nom, mais chaque jour davantage, elle se fait un nom.





