Inversement, faire volontairement quelque chose de mauvais n’en fait évidemment pas automatiquement une œuvre géniale. L’absence de technique n’est pas davantage un talent que sa maîtrise.
Le véritable enjeu est ailleurs : la technique doit servir une nécessité artistique.
C’est particulièrement visible au cinéma. On peut disposer d’une caméra exceptionnelle, d’un étalonnage magnifique, de mouvements parfaitement stabilisés et d’effets spéciaux irréprochables. Si le film ne possède aucun regard, tout cela devient une démonstration technologique.
À l’inverse, une caméra tremblante, une lumière imparfaite ou un montage brutal peuvent devenir exactement les bons choix lorsqu’ils correspondent au monde que le réalisateur veut créer.
Voilà pourquoi la technique est secondaire.
Non parce qu’elle serait inutile, mais parce qu’elle arrive après l’essentiel : le regard.
Un artiste n’est pas seulement celui qui sait fabriquer une belle chose. C’est celui qui finit par nous montrer quelque chose que nous n’aurions peut-être pas vu sans lui.
Et cela, aucun manuel technique ne peut l’enseigner complètement.




