Ces dernières heures, une annonce affirmant la mort de Roger Erhart, compagnon de Delphine Wespiser, circule sur Internet. À l’heure où nous écrivons ces lignes, nous n’avons trouvé aucune source fiable confirmant son décès. Les informations publiques les plus récentes disent même exactement autre chose : Roger poursuit son combat contre la maladie. Le 18 septembre, Delphine Wespiser était encore à ses côtés alors qu’il devait recevoir sa dixième séance de chimiothérapie.
Roger Erhart souffre d’un cancer de la gorge lié au papillomavirus, maladie dont Delphine Wespiser a elle-même parlé publiquement ces derniers mois. Elle expliquait en février qu’ils menaient ce combat depuis environ un an et demi et affirmait leur volonté de le gagner.
C’est précisément ce qui rend ce genre de fausse annonce particulièrement ignoble. Inventer la mort d’une personnalité est déjà une dérive lamentable de l’économie du clic. Le faire concernant quelqu’un qui traverse réellement une maladie grave ajoute une cruauté dont on peine à comprendre la nécessité, sinon celle de récupérer quelques visites, quelques partages ou quelques secondes d’attention.
On oublie trop facilement qu’une rumeur numérique ne reste pas enfermée dans un écran. Elle peut être lue par des amis, une famille, des connaissances, des personnes qui ne savent pas immédiatement s’il s’agit d’une invention. Pendant quelques secondes ou quelques minutes, celles-ci peuvent croire qu’un homme qu’elles connaissent vient réellement de mourir. Voilà le prix humain d’un titre mensonger.
Internet a créé une étrange compétition : être le premier, faire cliquer, provoquer une réaction avant même de se demander si une information est vraie. La mort est devenue, pour certains comptes et certaines pages, un produit d’appel parmi d’autres. On annonce des décès prématurément, on recycle de vieux articles, on détourne des photographies, on transforme une hospitalisation en agonie et une maladie en feuilleton.
Il existe pourtant une règle journalistique d’une simplicité enfantine : on ne publie pas la mort de quelqu’un sans confirmation sérieuse. Et lorsque cette personne est engagée dans un combat contre le cancer, cette prudence devrait devenir une évidence absolue.
Roger Erhart n’a pas besoin qu’Internet organise ses funérailles imaginaires. Il a besoin de mener son combat, entouré de ceux qui l’aiment. Delphine Wespiser a choisi de rendre publique une partie de cette épreuve, notamment pour parler de la maladie et de la prévention. Ce choix ne transforme pas leur vie en terrain de jeu pour fabricants de rumeurs.
Il serait temps que nous retrouvions collectivement une notion très simple : derrière une célébrité, un nom dans Google ou une photographie sur Instagram, il y a encore un être humain.
Et annoncer la mort d’un homme qui se bat pour vivre n’est pas une information.
C’est une indignité.





