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Arnaud Denis est mort euthanasié en Belgique : hommage à un comédien dont la vie avait basculé après une opération

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La nouvelle est tombée ce mardi 22 septembre 2026. Arnaud Denis, comédien, dramaturge et metteur en scène français, est mort à Namur, en Belgique, après avoir eu recours à l’euthanasie. Il avait 43 ans. Selon Le Parisien, plusieurs membres de sa famille et des proches se trouvaient à ses côtés. La comédienne Delphine Depardieu, présente auprès de lui, raconte qu’il est parti « soulagé ».

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C’est l’épilogue terrible d’une histoire qu’Arnaud Denis avait lui-même choisi de rendre publique. Pendant des mois, il avait raconté la dégradation de son état de santé et expliqué pourquoi il envisageait de mourir en Belgique. RTL a confirmé ce 22 septembre son décès par euthanasie, citant son avocat.

Avant que la maladie et les douleurs ne prennent toute la place, Arnaud Denis était d’abord un homme de théâtre. Comédien et metteur en scène, nommé à trois reprises aux Molières, il avait interprété les grands classiques, de Molière à Shakespeare, et mis en scène près d’une quarantaine de spectacles. Il était également apparu au cinéma, notamment dans Yves Saint Laurent de Jalil Lespert, ainsi qu’à la télévision.

Puis, en juillet 2023, sa vie bascule. Souffrant d’une hernie inguinale, il subit une intervention chirurgicale au cours de laquelle une prothèse en polypropylène lui est implantée. L’opération est courante. Mais dans les jours qui suivent, Denis rapporte l’apparition de nombreux troubles : douleurs intenses, problèmes digestifs, nausées, tremblements, troubles musculaires, neurologiques et hormonaux. En trois mois, il perd 17 kilos.

La prothèse sera finalement retirée, mais son état ne reviendra pas à la normale. Arnaud Denis attribuait la dégradation de sa santé à cet implant. Il disait notamment avoir reçu un diagnostic d’encéphalomyélite myalgique sévère et de syndrome ASIA. Ce dernier diagnostic doit toutefois être présenté avec prudence : l’existence d’un syndrome d’intolérance immunitaire provoqué par les matériaux des prothèses de hernie reste contestée dans la littérature médicale et par des spécialistes de la chirurgie des hernies. Le fabricant Medtronic indiquait pour sa part que ses investigations continuaient de conclure à un rapport bénéfice-risque positif du modèle concerné.

Cette nuance est essentielle : le parcours dramatique d’Arnaud Denis est documenté, mais le lien de causalité entre l’ensemble de ses symptômes et l’implant n’a pas été judiciairement ou scientifiquement établi. Le parquet de Paris a d’ailleurs classé sa plainte pour blessures involontaires, considérant que les investigations n’avaient pas permis de déterminer avec certitude l’origine des effets indésirables. Son avocat avait alors saisi le doyen des juges d’instruction pour tenter d’obtenir l’ouverture d’une enquête.

Arnaud Denis, lui, avait transformé son propre calvaire en combat collectif. Il avait créé sur Facebook un groupe consacré aux victimes françaises de prothèses de hernie, réunissant des centaines de témoignages, et était devenu l’une des figures publiques de cette mobilisation.

Au fil des mois, son état s’était considérablement détérioré. En mars 2026, il était hospitalisé en soins palliatifs en Belgique. Il expliquait alors être quasiment constamment alité, ne plus pouvoir se laver seul, avoir de grandes difficultés à marcher et à s’alimenter. Sa demande d’euthanasie était déjà très avancée et il déclarait avoir « tout essayé ».

Quelques jours encore avant sa mort, le 18 septembre, il apprenait le classement sans suite de sa plainte. Très affaibli, il disait ne plus avoir l’énergie de poursuivre lui-même le combat, tandis que son avocat annonçait vouloir continuer la procédure.

Ce mardi 22 septembre, le choix qu’il annonçait depuis plusieurs mois est donc devenu réalité. Il avait publié dans la matinée un dernier message sur Facebook, avant de mourir à Namur quelques heures plus tard.

Il serait pourtant réducteur de ne retenir d’Arnaud Denis que cette fin tragique. Il avait consacré une grande partie de sa vie au théâtre, aux textes, aux acteurs et à la mise en scène. La maladie l’a ensuite placé malgré lui dans un autre rôle : celui d’un patient devenu lanceur d’alerte, déterminé jusqu’au bout à ce que son histoire serve au moins à interroger celle des autres.

Son parcours laisse désormais deux histoires derrière lui. Celle d’un artiste de 43 ans disparu beaucoup trop tôt. Et celle d’un dossier médical et sanitaire complexe qui, lui, n’est peut-être pas terminé.

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