Incasable

Et si les extraterrestres étaient en réalité des humains venus du futur ?

🌍 READ THIS ARTICLE IN ENGLISH →

Et si nous cherchions les extraterrestres beaucoup trop loin ?

Depuis des décennies, nous imaginons que les mystérieux visiteurs observés dans le ciel viendraient d’une planète située à des dizaines ou des centaines d’années-lumière. Mais une hypothèse autrement plus vertigineuse circule depuis quelques années : les prétendus extraterrestres pourraient être… des humains. Nos descendants. Des voyageurs venus d’un futur très lointain pour observer leur propre passé.

🎧 Écouter cet article
Cliquez sur « Lire » pour écouter l’article.

Une théorie folle ? Oui. Mais suffisamment troublante pour intéresser quelques chercheurs et alimenter un véritable courant de réflexion autour des phénomènes aériens non identifiés.

L’un des principaux défenseurs contemporains de cette idée est Michael P. Masters, professeur d’anthropologie biologique à Montana Technological University. Dans son livre *Identified Flying Objects*, publié en 2019, il développe ce qu’il appelle le modèle « extratempestrial » : certains occupants supposés d’OVNI ne viendraient pas de l’espace, mais d’une autre époque de l’histoire humaine.

L’idée repose d’abord sur une observation amusante : dans l’imaginaire ufologique, les extraterrestres sont souvent étonnamment humains.

Ils possèdent deux bras, deux jambes, une tête, deux yeux, une symétrie corporelle comparable à la nôtre. Les fameux « petits gris » sont généralement représentés avec un crâne immense, de grands yeux, pratiquement pas de pilosité et un corps relativement frêle.

Or Masters avance une possibilité : et si cette apparence n’était pas celle d’une espèce extraterrestre, mais celle d’une évolution lointaine d’Homo sapiens ?

Dans quelques dizaines ou centaines de milliers d’années, l’être humain pourrait évidemment avoir changé. Notre environnement, notre alimentation, la médecine, la génétique ou même une éventuelle sélection artificielle pourraient profondément transformer notre anatomie. Imaginer nos descendants avec un physique différent du nôtre n’a donc rien d’absurde en soi.

Le saut gigantesque consiste à leur attribuer ensuite la capacité de remonter le temps.

Et c’est là que l’histoire devient réellement fascinante.

Contrairement à une idée répandue, le voyage dans le temps n’est pas totalement étranger à la physique. La relativité d’Einstein implique déjà que le temps ne s’écoule pas exactement de la même manière pour tout le monde. Voyager vers le futur grâce à des effets relativistes n’est pas seulement une idée de science-fiction : le phénomène de dilatation du temps est une conséquence établie de la relativité.

Revenir vers le passé constitue en revanche un problème autrement plus redoutable.

Certaines solutions mathématiques des équations de la relativité générale permettent néanmoins l’existence de ce que les physiciens appellent des « courbes temporelles fermées » : en théorie, une trajectoire dans l’espace-temps pourrait ramener un objet vers son propre passé. Des scénarios impliquant notamment des trous de ver ont également été étudiés. Cela ne signifie absolument pas que nous sachions construire une machine à voyager dans le temps : entre une possibilité mathématique et une technologie réalisable, il existe un gouffre colossal.

Mais faisons précisément l’expérience mentale.

Imaginons l’humanité dans 100 000 ans.

Notre civilisation a survécu. Elle maîtrise des technologies dont nous sommes aussi incapables d’imaginer le fonctionnement qu’un homme du Moyen Âge aurait été incapable de comprendre un smartphone.

Elle découvre finalement comment se déplacer non seulement dans l’espace, mais dans l’espace-temps.

Quelle destination choisirait-elle ?

Probablement les dinosaures.

Les premières civilisations.

Les grandes catastrophes historiques.

Et surtout ses propres ancêtres.

Nous.

Les OVNI deviendraient alors quelque chose de très différent : non pas des vaisseaux interstellaires, mais des sortes de machines archéologiques temporelles. Leurs occupants seraient les historiens, anthropologues ou touristes du futur venus visiter le XXIe siècle.

Cela permet même de proposer une explication séduisante à l’une des grandes bizarreries de l’ufologie : pourquoi une civilisation extraordinairement avancée passerait-elle autant de temps à nous observer sans véritablement entrer en contact avec nous ?

Si elle venait du futur, la réponse serait simple : parce qu’elle connaîtrait déjà notre histoire.

Et elle aurait peut-être tout intérêt à ne pas la modifier.

On retrouve immédiatement le vieux paradoxe du voyage temporel. Si un voyageur revient dans son passé et modifie un événement essentiel, peut-il empêcher les circonstances ayant permis son propre voyage ? Toute civilisation maîtrisant réellement ce genre de technologie aurait donc peut-être développé des règles extrêmement strictes de non-intervention.

Voilà qui ferait de certains comportements attribués aux OVNI, observer, apparaître brièvement, repartir, une sorte de tourisme historique sous haute surveillance.

Mais il existe évidemment un énorme problème : nous n’avons aucune preuve que cela soit vrai.

Nous n’avons même pas aujourd’hui de preuve scientifique établissant que les phénomènes aériens non identifiés aient une origine extraterrestre. La NASA rappelle qu’aucune donnée crédible ne démontre actuellement que les UAP soient des technologies extraterrestres et souligne surtout le manque de données suffisamment précises pour expliquer certains cas.

A fortiori, rien ne permet de conclure qu’ils viennent du futur.

La théorie des humains futurs reste donc exactement ce qu’elle prétend être : une hypothèse spéculative.

Mais elle possède une force intellectuelle particulière.

Pendant des décennies, nous avons regardé les étoiles en nous demandant : « Qui vient nous voir ? »

Peut-être faudrait-il poser une autre question.

Quand viennent-ils ?

Et derrière cette idée vertigineuse se cache peut-être une interrogation encore plus troublante.

Lorsque nous dessinons depuis soixante-dix ans des extraterrestres chauves, aux grands crânes et aux corps humanoïdes, croyons-nous réellement représenter des créatures venues d’ailleurs ?

Ou sommes-nous simplement en train, sans le savoir, d’imaginer notre propre visage dans plusieurs milliers d’années ?

Vous réagissez à cet article

Votre réaction

« Et si les extraterrestres étaient en réalité des humains venus du futur ? »

Votre nom, votre e-mail et votre message concernent uniquement l’article affiché ci-dessus. L’e-mail n’est pas publié.

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par les responsables.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Certains articles du Mague bénéficient d’un éclairage ponctuel et maîtrisé de l’intelligence artificielle.

💡 Vous aimez cet article ?
Partagez-le. Le Mague vit aussi grâce à ses lecteurs.
Facebook X Threads Copier pour Instagram Copier le lien Envoyer par mail
Instagram : lien à coller

Pour une story, une bio ou un message privé : copiez ce lien propre vers l’article.

Instagram ne permet pas toujours le partage direct d’une page web : ce bouton prépare le lien à coller en story, bio ou message.
Continuer sur Le Mague
Retrouvez plus souvent Le Mague sur Google

Ajoutez Le Mague à vos sources préférées pour favoriser son apparition dans vos actualités Google.

La suite sur Le Mague

Vous pourriez aussi aimer

D'autres articles à découvrir dans le même univers.

Les plus lus en ce moment