Amanda Lear estime en effet retrouver dans « Redlights », titre de la star américaine, des éléments suffisamment proches de son morceau « The Sphinx », sorti en 1978, pour ne pas croire à une simple coïncidence. La chanteuse a choisi de le faire savoir publiquement en interpellant directement Miley Cyrus sur Instagram.
Et derrière l’humour caractéristique d’Amanda Lear, le sujet est sérieux.
Selon elle, des admirateurs auraient été les premiers à attirer son attention sur les ressemblances entre les deux chansons. Après écoute, Lear aurait elle-même considéré la proximité suffisamment troublante pour en parler à son entourage professionnel.
L’histoire dépasse donc désormais le simple jeu du « ça ressemble à… » auquel les amateurs de musique se livrent depuis toujours.
Quand une ressemblance devient-elle un plagiat ?
C’est précisément toute la difficulté de ce genre d’affaire.
La musique populaire est remplie de chansons partageant des rythmes, des suites d’accords, des sonorités ou des constructions comparables. Le disco, comme la pop contemporaine, repose d’ailleurs sur tout un vocabulaire musical commun.
Une impression de déjà-entendu n’est donc pas une preuve de contrefaçon.
Pour qu’une véritable affaire de plagiat puisse être établie, la question centrale serait de déterminer si des éléments suffisamment originaux et caractéristiques de « The Sphinx » ont effectivement été repris.
Et là, l’oreille du public ne suffit plus : ce sont généralement des analyses musicologiques et juridiques qui permettent de comparer précisément les œuvres.
Amanda Lear ne semble pas vouloir lâcher l’affaire
La chanteuse laisse en tout cas entendre qu’elle souhaite désormais que la situation soit clarifiée. Deux scénarios classiques peuvent alors se présenter : trouver un accord entre les différentes parties ou laisser la justice trancher.
Un arrangement ne signifierait d’ailleurs pas nécessairement que Miley Cyrus reconnaît avoir volontairement copié Amanda Lear. Dans l’industrie musicale, des crédits et des droits peuvent être renégociés lorsqu’une proximité avec une œuvre antérieure pose problème, parfois simplement pour éviter une longue procédure judiciaire.
Miley Cyrus connaissait-elle déjà Amanda Lear ?
C’est peut-être l’élément qui rend l’histoire la plus intrigante.
Amanda Lear affirme que Miley Cyrus connaît son univers musical et qu’elle aurait déjà manifesté son intérêt pour son travail. Si cela est confirmé, l’hypothèse d’une influence devient évidemment plus intéressante à examiner, sans constituer pour autant la preuve d’un plagiat.
Car connaître une chanson, s’en inspirer et la contrefaire sont trois choses juridiquement très différentes.
« The Sphinx », deuxième vie inattendue
La véritable gagnante provisoire de cette polémique pourrait finalement être une chanson vieille de près de cinquante ans.
Sorti en 1978, « The Sphinx » appartient à la grande période disco d’Amanda Lear. Une génération qui n’était même pas née lors de sa publication risque aujourd’hui de découvrir le morceau simplement pour comparer les deux titres.
C’est aussi l’un des paradoxes délicieux de l’industrie musicale contemporaine : alors que les plateformes donnent accès instantanément à plusieurs décennies de musique, elles rendent également les ressemblances beaucoup plus faciles à repérer.
Reste maintenant la question essentielle, est-ce une simple parenté musicale, une influence assumée ou un véritable emprunt ?
Pour l’instant, aucune décision judiciaire ne permet de parler de plagiat comme d’un fait établi. Il s’agit d’une accusation portée par Amanda Lear.
Mais à 47 ans de distance, « The Sphinx » vient de retrouver une actualité que personne n’avait probablement vue venir.
