La mine touche le papier.
Je dessine. Une forme apparaît, puis une
autre. J’ajoute une couleur, je m’arrête, je
reprends.
Une distance me gêne. Je rapproche une
forme. Je regarde. Ma respiration change. Je
la déplace encore de quelques millimètres.
Je ressens et j’analyse en même temps.
La sensation participe à l’analyse. Le regard,
la respiration, la tension musculaire, le
mouvement de la main prennent part à
l’élaboration du dessin.
Je pense avec tout cela.
J’ajoute une couleur. Elle modifie ce que je
perçois. Mon regard repart ailleurs dans le
dessin. Je corrige une forme, j’attends, je
regarde encore.
Chaque intervention produit une nouvelle
perception. Elle engage une nouvelle analyse
et oriente le geste suivant.
Sensation, réflexion et geste
travaillent ensemble.
Je déplace. Je regarde. Je ressens. J’analyse.
Je reprends.
Le dessin se construit dans cette circulation.
À un moment, ma respiration se relâche. Mon
regard continue de parcourir la feuille. Ma
main ne cherche plus où intervenir.
Je regarde encore.
Rien ne demande à être déplacé.
Je m’arrête.
