Et puis j’ai une intuition.
Une vraie.
Le genre d’intuition qu’on a parfois devant un groupe avant que les autres ne commencent à en parler sérieusement.
Don’t Kill The Cow, c’est un nom qu’on retient. D’abord parce qu’il est drôle, un peu absurde, presque impossible à oublier. Mais surtout parce que derrière, il y a un groupe qui possède déjà ce que beaucoup cherchent pendant des années : une identité.
Ils viennent de la région genevoise, ils jouent ensemble depuis plusieurs années, ils ont déjà beaucoup de scène derrière eux, et cela s’entend. Rien n’a l’air bricolé. Rien n’a l’air artificiellement « tendance ». Il y a du vécu, du son, de l’énergie, et surtout une vraie cohérence.
Ce qui me plaît beaucoup, c’est justement cette façon de ne pas forcer les effets. Le rock est là, les guitares sont là, mais ce n’est jamais une démonstration. Le groupe laisse de la place à la voix, aux silences, aux respirations, aux changements de tension.
Et cette chanteuse, vraiment, possède quelque chose.
Une présence.
Un phrasé.
Un flow.
Elle ne cherche pas à impressionner, et c’est précisément pour cela qu’elle impressionne.
Les morceaux récents en français donnent aussi le sentiment que le groupe a trouvé un terrain encore plus personnel. « Fumée Noire », « Salut. », « Les Os de Fer », « Ivresse » : les titres eux-mêmes disent déjà quelque chose de l’univers. Il y a du sombre, du sensible, de la matière, mais jamais cette lourdeur affectée qu’on retrouve parfois dans certains groupes qui veulent absolument avoir l’air profonds.
Don’t Kill The Cow reste encore suffisamment confidentiel pour qu’on puisse avoir le plaisir de la découverte. Et c’est justement là que ça devient intéressant.
Je me trompe peut-être, évidemment.
Mais j’ai cette impression très nette que ce groupe peut aller beaucoup plus loin.
Pas parce qu’il coche toutes les cases.
Justement parce qu’il n’en coche pas trop.
Il a une personnalité, une chanteuse qui capte immédiatement l’attention, de vrais morceaux et cette petite chose impossible à fabriquer : l’envie d’écouter le suivant.
Alors oui, je prends le pari.
Retenez bien le nom : Don’t Kill The Cow.
J’ai une très bonne intuition.
