Le principe est simple et fort : utiliser la fiction pour montrer ce que l’amour ne devrait jamais devenir. La possession, l’humiliation, la peur, la contrainte sexuelle, l’isolement ou les coups ne sont pas les manifestations excessives d’une passion. Ce sont des violences.
Pendant longtemps, les violences au sein du couple ont été enfermées derrière une formule commode : « Cela ne nous regarde pas. » Une manière de transformer en affaire privée ce qui se déroulait chez les voisins, les collègues, les amis ou parfois au sein de sa propre famille.
« C’est pas ça l’amour ! » entend précisément faire tomber cette frontière du silence.
À travers quatorze nouvelles inédites, quatorze voix littéraires explorent les mécanismes de l’emprise et ces moments où une relation bascule progressivement vers la domination. La littérature possède ici une force particulière : elle permet d’entrer dans les situations, les contradictions, les peurs et les espoirs sans réduire les victimes à des statistiques.
Mais le livre ne veut pas uniquement raconter la violence. Il entend également parler de reconstruction. Sortir de l’emprise est possible. Après la peur et l’enfermement peut exister une autre vie.
La distribution littéraire est particulièrement solide : Olivier Adam, Adélaïde Bon, Arnaud Cathrine, Stéphanie Dupays, Nadège Erika, Adeline Fleury, Julia Kerninon, Gilles Marchand, Carole Martinez, Gaëlle Nohant, Karine Reysset, Julien Sandrel, Murielle Szac et Valérie Zenatti ont accepté de participer au projet.
La préface est signée Sarah Barukh, déjà à l’origine de « 125 et des milliers », paru chez HarperCollins en 2023. Ce précédent projet avait accompagné la naissance de l’association « 125 et après », engagée dans la sensibilisation, l’accompagnement et le soutien des victimes de violences domestiques.
Cette fois encore, la démarche ne s’arrête donc pas aux pages du livre : les bénéfices de « C’est pas ça l’amour ! » seront reversés à l’association 125 et après.
C’est probablement ce qui donne au projet sa cohérence. Un livre peut raconter, bouleverser ou provoquer une prise de conscience. Lorsqu’il permet en plus de soutenir concrètement celles et ceux qui agissent auprès des victimes, la littérature retrouve l’une de ses fonctions les plus essentielles : rendre visible ce que l’on préférait parfois ne pas voir.
« C’est pas ça l’amour ! », recueil collectif, préface de Sarah Barukh. Parution le 28 octobre 2026. Format poche, 256 pages, 7,10 €.
