Musik

Et c’est la mort qui t’as assassiné Catherine Ringer !!

🌍 READ THIS ARTICLE IN ENGLISH →
Et c'est la mort qui t'as assassiné Catherine Ringer !!

Catherine Ringer est morte à 68 ans : adieu à l’inclassable voix des Rita Mitsouko
Catherine Ringer est morte. Et avec elle disparaît quelque chose qu’on ne remplace pas facilement : une voix, une silhouette, une liberté et surtout une manière absolument singulière d’être artiste.

🎧 Écouter cet article
Cliquez sur « Lire » pour écouter l’article.

La chanteuse des Rita Mitsouko avait 68 ans. Sa famille a annoncé sa disparition ce mardi 15 septembre. Au moment où ces lignes sont écrites, les circonstances précises de sa mort n’ont pas encore été rendues publiques.

Il y a des chanteurs que l’on reconnaît après quelques mesures. Catherine Ringer, on la reconnaissait presque avant. Une respiration, un cri, une façon de tordre un mot et soudain elle était là. Impossible de la confondre avec quelqu’un d’autre.

Avec Fred Chichin, rencontré à la fin des années 1970, elle avait inventé les Rita Mitsouko. Inventé est probablement le mot juste, tant le groupe ressemblait peu à ce qui existait autour de lui. Du rock, de la pop, de la chanson française, du funk, du cabaret, de la provocation, de l’élégance et parfois quelque chose qui ressemblait à une joyeuse anomalie.
Puis il y eut Marcia Baïla. Et tout explosa.

La chanson, hommage à la danseuse et chorégraphe Marcia Moretto, devient au milieu des années 1980 l’un de ces morceaux qui traversent les générations sans véritablement vieillir. Catherine Ringer y est déjà tout entière : excessive et précise, drôle et tragique, populaire sans jamais devenir banale.
Il y aura ensuite Andy, C’est comme ça, Les Histoires d’A., Le Petit Train et tant d’autres. Les Rita Mitsouko n’étaient pas simplement une machine à tubes. Ils avaient créé un univers. Des vêtements, des clips, des personnages, une imagerie et cette étrange capacité à faire danser sur des chansons qui pouvaient parler de maladie, de disparition, d’amour ou de solitude.

Catherine Ringer avait aussi quelque chose devenu terriblement rare : elle n’essayait pas d’être aimable.

Elle pouvait être belle, étrange, grotesque, sensuelle, inquiétante ou hilarante. Parfois tout cela dans la même chanson. Elle ne cherchait pas à correspondre à l’idée que l’industrie musicale pouvait se faire d’une chanteuse. Elle imposait la sienne.
Et ça change tout.

La mort de Fred Chichin, en novembre 2007, après près de trente années de création commune, aurait pu mettre un terme à l’histoire. Catherine Ringer choisira pourtant de continuer. Pas de reconstitution artificielle du couple. Pas de faux Rita Mitsouko. Elle poursuivra seule, chantera leurs chansons, enregistrera ses propres disques et montera encore sur scène avec cette énergie physique qui avait toujours été la sienne.
Cette fidélité à Fred Chichin était peut-être aussi l’une des choses les plus émouvantes chez elle. Les Rita Mitsouko avaient été un groupe mais également une histoire d’amour, de création et de vie. Catherine Ringer avait continué sans faire semblant que rien ne s’était passé.

Aujourd’hui, le duo est définitivement réuni dans l’histoire de la musique française.
Catherine Ringer n’était pas seulement la chanteuse des Rita Mitsouko. Elle était l’une des artistes françaises les plus originales apparues depuis quarante ans. Une femme qui avait compris avant beaucoup d’autres que l’on pouvait être populaire sans être formaté, sophistiqué sans être prétentieux et totalement libre sans demander la permission.

Et puis il reste cette voix.
Cette voix impossible.
Elle pouvait grimper, grincer, rire, hurler, murmurer, devenir presque enfantine puis soudain immense. Elle ne chantait pas simplement les chansons : elle les jouait avec tout son corps.
On pourra continuer longtemps à écouter Marcia Baïla ou C’est comme ça. Elles auront toujours cette insolence, cette modernité et cette joie étrange.
C’est peut-être cela, finalement, le privilège des artistes réellement singuliers.
Ils meurent.

Mais ils ne deviennent jamais vieux.
Adieu Catherine Ringer. Et merci pour ce joyeux bordel.

Vous réagissez à cet article

Votre réaction

« Et c’est la mort qui t’as assassiné Catherine Ringer !! »

Votre nom, votre e-mail et votre message concernent uniquement l’article affiché ci-dessus. L’e-mail n’est pas publié.

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Certains articles du Mague bénéficient d’un éclairage ponctuel et maîtrisé de l’intelligence artificielle.

💡 Vous aimez cet article ?
Partagez-le. Le Mague vit aussi grâce à ses lecteurs.
Facebook X Threads Copier pour Instagram Copier le lien Envoyer par mail
Instagram : lien à coller

Pour une story, une bio ou un message privé : copiez ce lien propre vers l’article.

Instagram ne permet pas toujours le partage direct d’une page web : ce bouton prépare le lien à coller en story, bio ou message.
Continuer sur Le Mague

À lire aussi sur Le Mague

Les plus lus en ce moment