Tout a commencé en province. Lorsque la décision a été prise de me transférer en urgence à Paris, une partie de la nuit a été consacrée à organiser mon transfert dans les meilleures conditions possibles, infirmières, aides-soignantes… chacun était à son poste, chacun faisait ce qu’il avait à faire avec cette efficacité impressionnante que l’on mesure autrement lorsque l’on est soi-même allongée dans un lit, inquiète, et que l’on comprend que la situation est sérieuse.
Mais ce qui m’a le plus touchée est arrivé plus tard.Après mon hospitalisation à Paris, le médecin généraliste que j’avais vu en province ainsi que les urgentistes qui m’avaient prise en charge ont demandé de mes nouvelles. Ils auraient pu passer à autre chose. Une nouvelle urgence, un autre patient, une autre nuit.Mais ils ont demandé comment j’allais. Et cette attention m’a profondément émue.Parce qu’elle rappelle qu’un patient n’est pas simplement un dossier que l’on transmet d’un établissement à un autre. C’est une personne.
À Paris, une autre équipe prend le relais, d’autres visages, mais la même attention. Les infirmières, présentes à toute heure, attentives au moindre changement. Les aides-soignantes, dont le travail est parfois moins visible mais tellement essentiel, apportant du confort et de la présence lorsque l’on n’est plus capable de faire seule les gestes les plus simples. Les médecins, les internes, les équipes qui se réunissent, réfléchissent, cherchent chaque jour. Et puis le chirurgien et l’équipe de gastro-entérologie. Chacun vient chaque jour vous expliquer l’évolution de leur réflexion, les solutions qu’ils envisagent.
Face à cette occlusion intestinale et à cette importante inflammation, l’enjeu était sérieux. Il ne s’agissait pas simplement d’opérer, mais de trouver la meilleure stratégie et, surtout, d’éviter autant que possible une intervention plus lourde. Les solutions proposées n’étaient pas toujours faciles pour moi. Il a fallu patienter, accepter des traitements et traverser des moments difficiles.Mais derrière ces décisions, il y avait une équipe qui cherchait à préserver au maximum mon corps et à rendre l’intervention finalement nécessaire la moins lourde possible à l’arrivée.
Ils ont réussi.L’opération s’est parfaitement déroulée. Sans complication.
Et aujourd’hui, je vais beaucoup mieux que je ne l’étais depuis des mois. Derrière les blouses, il y a des humains. Ce que je retiens de cette expérience, ce ne sont pas seulement les actes médicaux. Ce sont les visages. Une infirmière qui vient vérifier que tout va bien. Une aide-soignante qui prend quelques minutes pour parler.
Un interne qui réexplique parce qu’il a compris que l’on n’a pas tout retenu. Un médecin qui cherche une autre solution.Un chirurgien qui prend le temps d’expliquer. Une équipe de bloc qui annonce le déroulement de la future opération d’une voix douce et rassurante. Et cette équipe de province qui, alors que j’étais déjà à Paris, cherche à savoir comment je vais. Dans un système hospitalier que l’on sait sous pression, je mesure aujourd’hui encore davantage ce que représente leur engagement. On parle beaucoup de médecine, de chirurgie, de traitements, d’innovations.
Mais il y a une chose que l’on oublie parfois : la présence humaine. Être là. Écouter. Rassurer. Expliquer. Accompagner. Et parfois simplement tenir la main d’un patient qui a peur.
MERCI. Aujourd’hui, je vais mieux. Beaucoup mieux. Avec le recul, cette période restera évidemment associée à la peur et à la douleur. Mais elle m’a aussi laissé une immense reconnaissance. Reconnaissance envers toutes ces personnes dont je ne connais parfois même pas le prénom. De l’aide-soignante au chirurgien, de l’infirmière au médecin, de l’interne à l’urgentiste, chacun a compté. Alors cet article est avant tout une lettre de remerciement.
Merci à celles et ceux qui m’ont prise en charge en province et ont organisé mon transfert vers Paris au cœur de la nuit. Merci à ces médecins qui, alors que j’étais déjà loin, ont demandé de mes nouvelles. Merci aux infirmières, aux aides-soignantes, aux internes, aux médecins, à l’équipe de gastro-entérologie. Merci au chirurgien qui a cherché la meilleure solution, même lorsque celle-ci n’était pas la plus simple. On dit souvent que l’hôpital soigne les corps. Je crois désormais qu’il peut aussi nous rappeler quelque chose d’essentiel. Derrière chaque blouse blanche, il y a un être humain qui, chaque jour, choisit de prendre soin d’un autre être humain.
Cet été, j’ai été malade. Mais j’ai aussi rencontré une formidable chaîne d’humanité. Et aujourd’hui, alors que je vais mieux, je voulais simplement leur dire MERCI.
