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Noël Godin : derrière les hommages, David Courier révèle des témoignages beaucoup plus dérangeants

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Noël Godin : derrière les hommages, David Courier révèle des témoignages beaucoup plus dérangeants

Depuis la mort de Noël Godin, les hommages se multiplient. Mais le journaliste belge David Courier, connu pour son sérieux et professionnalisme, vient troubler cette unanimité en rapportant plusieurs témoignages de femmes décrivant des comportements présumés particulièrement déplacés de la part de l’entarteur.

Depuis l’annonce de la disparition de Noël Godin, mort le 23 août 2026 à l’âge de 80 ans, le même portrait revient presque partout : celui d’un anarchiste joyeux, d’un cinéphile érudit et d’un agitateur burlesque ayant transformé la tarte à la crème en arme contre les puissants.

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David Courier avait lui-même exprimé sa tristesse à l’annonce de sa mort. Mais quelques jours plus tard, le journaliste belge a décidé de publier ce qu’il présente comme un « autre son de cloche ».

Sur Facebook, il affirme avoir recueilli plusieurs témoignages évoquant une personnalité qui aurait été harcelante envers de jeunes femmes, avec des gestes déplacés et des comportements allant parfois beaucoup plus loin.

Il faut être rigoureux : David Courier rapporte des témoignages. À ce stade, il ne publie ni enquête judiciaire, ni condamnation, ni éléments permettant d’établir définitivement les faits évoqués. Noël Godin étant mort, il ne peut plus répondre personnellement à ces accusations.

Mais cette impossibilité de réponse ne signifie pas que les femmes devraient nécessairement se taire.

Le courage de rompre l’unanimité

La publication de David Courier mérite d’être remarquée parce qu’elle intervient au moment le plus inconfortable : celui des hommages.

Lorsqu’une personnalité populaire disparaît, une sorte de récit officiel se met immédiatement en place. Les aspérités sont effacées, les contradictions disparaissent et l’homme réel devient un personnage presque irréprochable. Toute parole discordante est alors accusée de salir un mort ou de manquer de décence.

Pourtant, rendre hommage ne devrait jamais imposer le silence aux personnes affirmant avoir vécu une tout autre réalité.

David Courier ne nie pas l’importance culturelle de Noël Godin. Il ne cherche pas davantage à effacer ses livres, sa cinéphilie ou ses actions burlesques. Il rappelle simplement qu’un personnage public peut avoir plusieurs visages et que celui célébré dans les médias n’est pas forcément celui que certaines femmes disent avoir rencontré.

Ne pas confondre prudence et silence

La prudence journalistique impose de distinguer clairement les faits établis des témoignages et des accusations. Elle oblige à employer le conditionnel, à rechercher des éléments concordants et à ne pas transformer une publication sur les réseaux sociaux en verdict.

Mais la prudence ne doit pas servir d’excuse pour enterrer une parole dérangeante.

Les témoignages évoqués par David Courier devront être documentés, recoupés et, si les femmes concernées le souhaitent, entendus plus largement. Leur anonymat éventuel ne permet pas de conclure qu’ils seraient faux. À l’inverse, leur existence ne suffit pas encore à établir une vérité définitive.

C’est précisément dans cet espace inconfortable que le journalisme doit travailler.

Un héritage désormais plus complexe

Noël Godin aimait s’attaquer aux réputations, aux notables et aux personnages installés sur leur piédestal. Il serait paradoxal que sa propre image devienne intouchable au lendemain de sa disparition.

On peut reconnaître son talent, son intelligence et la force subversive de son œuvre tout en acceptant d’examiner les récits beaucoup moins flatteurs qui apparaissent aujourd’hui.

Un hommage n’est pas une absolution. Une mort n’efface ni les contradictions d’un homme ni la parole de celles qui affirment avoir subi son comportement.

David Courier a pris le risque de briser le concert des louanges. Il faudra maintenant savoir si d’autres femmes souhaitent témoigner et si une véritable enquête journalistique peut confirmer, préciser ou contredire les récits qu’il dit avoir recueillis.

Laissons parler les femmes. Et refusons aussi bien le procès sans preuves que l’hommage qui obligerait tout le monde à se taire.

Certains articles du Mague bénéficient d’un éclairage ponctuel et maîtrisé de l’intelligence artificielle.

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