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Odon Vallet : l’héritier qui a offert sa fortune à des milliers d’étudiants

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Odon Vallet : l'héritier qui a offert sa fortune à des milliers d'étudiants

Il aurait pu conserver son héritage, mener une vie luxueuse et disparaître dans le confort des grandes fortunes françaises. Odon Vallet a choisi exactement l’inverse : transformer plusieurs dizaines de millions d’euros en bourses d’études pour des jeunes brillants que leur milieu social risquait de condamner.

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L’histoire régulièrement partagée sur les réseaux sociaux est globalement vraie, même si elle mérite d’être précisée.

Né en 1947, Odon Vallet est historien des religions, enseignant, écrivain et ancien élève de Sciences Po et de l’ENA. Son père, Jean Vallet, issu d’un milieu très modeste, avait réussi grâce à ses études à devenir dirigeant d’une importante compagnie d’assurances.

Il meurt accidentellement en 1954, alors qu’Odon n’a que six ans. Il laisse à sa famille des parts dans son entreprise. Plusieurs décennies plus tard, lorsque la société est vendue, Odon Vallet et son frère Jean-Daniel héritent d’un patrimoine évalué à 320 millions de francs, soit près de 50 millions d’euros de l’époque.

Une fortune considérable.

Mais les deux frères n’ont pas d’enfant. Plutôt que d’accumuler davantage ou de transmettre cet argent à de lointains héritiers, ils décident de lui donner une utilité sociale. En 1999, ils créent la Fondation Vallet, placée sous l’égide de la Fondation de France.

Leur objectif est simple : permettre à des jeunes talentueux mais issus de familles modestes de poursuivre leurs études.

L’argent comme moyen, pas comme trophée

Le choix de l’éducation n’est pas dû au hasard. Le père d’Odon Vallet avait lui-même connu les difficultés financières et dû travailler durement pour étudier. Son parcours avait profondément marqué ses fils.

Odon Vallet, qui disposait déjà de revenus suffisants grâce à son activité d’enseignant et d’auteur, estimait ne pas avoir besoin de cette fortune pour vivre. Il a donc décidé de la consacrer presque entièrement à la jeunesse.

La fondation commence par soutenir des étudiants français inscrits dans des écoles d’art et des établissements d’arts appliqués. Ces formations exigent souvent l’achat de matériel coûteux, auquel s’ajoutent les dépenses de logement et de vie à Paris.

Des élèves de l’École Boulle, de l’École Estienne, de Duperré, des Gobelins, des Arts décoratifs, de la Fémis ou encore d’établissements consacrés à l’hôtellerie et à la gastronomie ont ainsi pu bénéficier de son aide.

Mais l’action de la Fondation Vallet dépasse rapidement les frontières françaises.

Une œuvre immense au Vietnam et au Bénin

Dès 2001, la fondation commence à attribuer des bourses au Vietnam. Elle s’installe ensuite au Bénin, où elle soutient également des milliers d’élèves et d’étudiants.

Les bénéficiaires sont sélectionnés principalement pour l’excellence de leurs résultats et la faiblesse de leurs ressources. L’idée n’est pas d’organiser une opération caritative ponctuelle, mais de suivre les jeunes assez longtemps pour leur permettre d’achever réellement leurs études.

Depuis sa création, la Fondation Vallet a distribué plus de 77 000 bourses en France, au Vietnam et au Bénin. Certaines estimations évoquent désormais environ 80 000 aides accordées en un quart de siècle.

Au Vietnam, des dizaines de milliers de jeunes ont été accompagnés. Parmi les anciens boursiers figurent des médecins, des chirurgiens, des chercheurs, des ingénieurs, des étudiants ayant intégré l’École polytechnique et plusieurs centaines de médaillés aux olympiades internationales de mathématiques, de physique, de chimie, de biologie ou d’informatique.

Au Bénin, la fondation ne se contente pas de distribuer des bourses. Elle a également participé à la création de bibliothèques, de laboratoires de langues et de programmes de formation aux nouvelles technologies. Une école d’été consacrée à l’intelligence artificielle permet notamment à de jeunes Africains de découvrir la programmation, la robotique et le machine learning.

La philanthropie sans mise en scène

Odon Vallet ne ressemble pas à l’image traditionnelle du milliardaire philanthrope. Il n’a ni yacht à exposer, ni empire médiatique, ni goût apparent pour les mondanités.

Il a longtemps continué à vivre de manière relativement simple, tout en parcourant régulièrement le Vietnam et le Bénin pour rencontrer les jeunes aidés par sa fondation.

Son geste ne consiste pas seulement à signer un chèque. Il repose sur une idée beaucoup plus profonde : la fortune n’a de sens que si elle circule et permet à d’autres de construire leur propre existence.

Les boursiers ne sont d’ailleurs pas considérés comme les bénéficiaires passifs d’une générosité descendante. Ils sont destinés à devenir médecins, enseignants, chercheurs, responsables publics ou entrepreneurs, puis à participer à leur tour au développement de leur pays. Certains anciens lauréats financent désormais eux-mêmes de nouvelles bourses.

Un héritage devenu avenir

Il existe des héritiers qui passent leur vie à protéger ce qu’ils ont reçu. Odon et Jean-Daniel Vallet ont décidé de transmettre leur fortune à des jeunes qu’ils ne connaissaient pas.

Ils n’avaient pas d’enfants. Ils en ont, d’une certaine manière, aidé des dizaines de milliers à grandir.

L’histoire racontée par l’image virale n’est donc pas une légende inventée pour les réseaux sociaux. Elle est même plus impressionnante que son résumé. Car derrière le chiffre des bourses se trouvent des milliers de vies réorientées, des familles sorties de la précarité et des talents qui auraient peut-être été perdus faute de moyens.

Odon Vallet a transformé un héritage financier en héritage humain.

Et dans un monde où la richesse sert trop souvent à acheter du pouvoir, de la visibilité ou une éternité artificielle, cette manière de transmettre constitue probablement l’une des plus belles façons de rester vivant.

Certains articles du Mague bénéficient d’un éclairage ponctuel et maîtrisé de l’intelligence artificielle.

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