Pour une grande partie des Français, son visage restera à jamais associé à l’une des affaires politico-judiciaires les plus retentissantes des années 2010 : l’affaire du Carlton de Lille et, derrière elle, le nom de Dominique Strauss-Kahn.
Avant cela, Dodo la Saumure était surtout connu de l’autre côté de la frontière. Français installé depuis longtemps en Belgique, il avait dirigé plusieurs établissements liés à la prostitution dans la région de Tournai et en Wallonie picarde. Lui préférait volontiers le terme de « souteneur » à celui de proxénète et avait fait de son surnom une véritable marque de fabrique médiatique.
Un surnom d’ailleurs parfaitement calculé : la saumure est le bain salé dans lequel on conserve notamment les maquereaux, « maquereau » étant également un vieux terme d’argot désignant un proxénète.
## L’affaire du Carlton l’avait rendu célèbre
C’est avec le dossier du Carlton de Lille que Dodo la Saumure devient véritablement un personnage connu du grand public.
L’enquête concernait des soirées auxquelles participaient des hommes d’affaires, des responsables locaux et Dominique Strauss-Kahn. Dodo la Saumure avait été poursuivi pour proxénétisme aggravé et s’était retrouvé sous les projecteurs aux côtés de l’ancien directeur général du FMI.
Lors du procès de 2015, ses interventions, son franc-parler et son goût évident pour les caméras avaient presque parfois transformé le prétoire en scène médiatique.
Mais il faut rappeler un élément essentiel : dans le volet français de l’affaire du Carlton, Dominique Alderweireld avait finalement été relaxé en juin 2015, tout comme Dominique Strauss-Kahn.
Cela ne signifiait pourtant pas que son parcours judiciaire était terminé.
## Condamné en Belgique
Dodo la Saumure avait déjà été condamné en Belgique à cinq ans de prison avec sursis pour proxénétisme, peine confirmée en appel en 2014.
Et son actualité judiciaire était encore très récente.
Le 6 janvier 2026, quelques mois seulement avant sa mort, le tribunal correctionnel de Tournai l’avait condamné en première instance à six ans de prison ferme et à près de 500 000 euros d’amende dans une nouvelle affaire portant notamment sur des faits de proxénétisme et de traite des êtres humains liés à plusieurs établissements. Dominique Alderweireld avait décidé de faire appel.
Sa santé était alors déjà très dégradée.
## Un personnage plus grand que son propre dossier judiciaire
Dodo la Saumure aura eu cette singularité : devenir beaucoup plus célèbre que les établissements qu’il dirigeait et presque plus célèbre que les dossiers judiciaires auxquels son nom était associé.
Physique reconnaissable entre mille, accent du Nord, formules provocatrices, absence apparente de complexe devant les caméras : il avait parfaitement compris les mécanismes d’une époque où un personnage de fait divers pouvait soudainement devenir une célébrité nationale.
Il ne faut évidemment pas que cette dimension folklorique fasse oublier la réalité du proxénétisme, de l’exploitation sexuelle et les multiples procédures judiciaires qui ont jalonné sa vie.
Mais médiatiquement, Dodo la Saumure était devenu un personnage.
Un de ces noms que presque tout le monde avait entendu au moins une fois sans nécessairement savoir qui se cachait réellement derrière.
Dominique Alderweireld est mort à 77 ans. Avec lui disparaît l’un des derniers visages immédiatement reconnaissables de l’affaire du Carlton, ce gigantesque feuilleton judiciaire qui, au début des années 2010, avait mêlé sexe, pouvoir, argent, notables et politique jusqu’au plus haut niveau.
