Car la frontière entre jeu, réseau social et espace de sociabilité numérique est devenue poreuse. Dans de nombreux jeux vidéo en ligne, les enfants ne jouent plus seulement « contre une machine » : ils discutent, rejoignent des communautés, échangent en messagerie et peuvent être mis en contact avec des personnes qu’ils ne connaissent pas.
Autrement dit : le risque ne tient pas au nom de l’application. Il tient aux fonctionnalités et aux interactions qu’elle permet.
C’est pourquoi je refuse deux caricatures : « Les jeux vidéo sont dangereux », « Les jeux vidéo ne sont que des jeux. ». La réalité est plus complexe, et c’est précisément pour cela qu’il faut mieux la regarder. La question que nous devons nous poser collectivement est simple : comment construire un espace numérique adapté à l’âge de l’enfant, plutôt que de demander à l’enfant de s’adapter à un espace numérique conçu pour les adultes ?
Aux parents, cela signifie aussi changer les questions que nous posons. Pas seulement : « Combien de temps as-tu joué ? ». Mais : « À quoi joues-tu ? Avec qui ? Qui peut te contacter ? Et comment ? »
Aux plateformes et aux pouvoirs publics, dont je fais partie, cela implique une exigence : la protection des mineurs doit être pensée à partir des usages réels des enfants, et non à partir de catégories qui deviennent chaque jour plus artificielles.
Mon appel aux parents est clair : cet été, soyez vigilants ! Parlez des réseaux sociaux mais n’oubliez pas les jeux vidéo. Parce que partout où un enfant peut rencontrer un inconnu en ligne, la question de la protection se pose. »
