Ce dimanche 9 août offre encore une situation assez contrastée. La chaleur reste forte, notamment dans le Sud-Est, tandis que des orages circulent sur une partie du pays. Météo-France prévoit généralement 30 à 36 °C dans l’intérieur, avec des pointes pouvant atteindre 37 à 38 °C dans la vallée de la Garonne et l’arrière-pays varois. Treize départements sont placés en vigilance orange canicule, essentiellement dans le Sud-Est, les Alpes, la vallée du Rhône et la Corse.
Lundi 10 août devrait apporter un très léger répit. Mais il ne faudra pas y voir la fin de l’épisode. C’est à partir de mardi que la situation devrait de nouveau se durcir franchement.**
Les hautes pressions vont en effet se renforcer sur l’Europe et favoriser une nouvelle montée du thermomètre. Selon les dernières prévisions de Météo-France publiées le 8 août, entre mercredi et vendredi, les 35 °C pourraient concerner une grande partie du territoire, y compris le nord de la France, tandis que les 40 °C pourraient être approchés localement.
Autrement dit, cette fois-ci, la chaleur ne devrait plus être seulement l’affaire du Midi, du Sud-Ouest ou de la vallée du Rhône. Le Centre, l’Est et une partie de la moitié nord pourraient eux aussi basculer dans des températures franchement caniculaires. L’une des caractéristiques de cet épisode sera donc son extension géographique.
Et le terrain est déjà brûlant. Samedi 8 août, le thermomètre a dépassé les 40 °C dans plusieurs secteurs : 40,3 °C à Céret et à Moulès-et-Baucels, 40,2 °C à Vinsobres, 40,1 °C à Uzès, tandis que Bordeaux atteignait encore 37,5 °C et Marseille 37,4 °C.
Le véritable problème n’est pourtant pas seulement le chiffre affiché dans l’après-midi. Ce sont la durée de la chaleur et l’absence de récupération nocturne qui rendent une canicule éprouvante. Certaines régions connaissent depuis plusieurs semaines des nuits très chaudes. Début août, Météo-France avait par exemple relevé une température minimale de 25,8 °C à Lons-le-Saunier. Lorsque les logements ne refroidissent plus pendant la nuit, les organismes accumulent progressivement la fatigue.
Une vague qui n’en finit plus
C’est peut-être le fait le plus spectaculaire de cet été 2026. La vague actuelle a commencé officiellement le mardi 28 juillet. Elle est la 54e vague de chaleur identifiée en France depuis 1947 et déjà la troisième de l’année. Elle succède à celle du 17 au 30 juin puis à celle du 4 au 19 juillet. Un épisode caniculaire exceptionnellement précoce avait même eu lieu auparavant au mois de mai, sans atteindre toutefois tous les critères nationaux permettant de le classer comme « vague de chaleur ».
Si les températures restent au niveau prévu jusqu’à la fin de la semaine, la France aura donc vécu pratiquement sans interruption prolongée sous des chaleurs remarquables depuis la fin juillet.
C’est là qu’il faut se méfier d’une impression trompeuse : une journée un peu moins chaude ou quelques orages ne signifient pas nécessairement que la canicule est terminée. À l’échelle météorologique, un épisode est déterminé par la température moyenne de l’ensemble du pays et par sa durée.
Un risque d’incendie qui reste majeur
Cette nouvelle poussée de chaleur arrive par ailleurs sur des sols déjà exceptionnellement secs. Météo-France indique qu’au 6 août, **la sécheresse des sols se situait toujours à des niveaux records à l’échelle nationale et concernait l’ensemble du territoire. Quelques orages ne suffisent pas à réparer plusieurs semaines de déficit hydrique.
La combinaison chaleur, végétation desséchée, faible humidité et vent peut donc rapidement devenir explosive dans les régions exposées aux incendies. Après les gigantesques feux qui ont marqué cet été, ce paramètre sera au moins aussi important à surveiller que les records de température.
Plus forte que les précédentes ?
Pour l’instant, rien ne permet d’affirmer que cette séquence dépassera en intensité les épisodes historiques les plus violents. En revanche, **sa durée devient remarquable**. Le 29 juillet, on avait déjà atteint 42,7 °C à Bélis dans les Landes et 40,7 °C à Bordeaux. Puis la chaleur avait migré vers l’Est avant de se concentrer sur le Sud-Est et la Corse. Elle repart désormais à la conquête d’une grande partie du pays.
C’est donc moins une quatrième canicule qui nous arriverait qu’une troisième vague qui refuse de mourir.
Et peut-être est-ce finalement cela qui résume le mieux cet été 2026 : nous ne sommes plus seulement confrontés à quelques pics spectaculaires de 40 ou 42 °C. Nous entrons dans des périodes où la chaleur s’installe, recule de quelques degrés, se déplace, puis revient avant que les sols, les villes et les organismes aient réellement eu le temps de récupérer.
Météo-France rappelle d’ailleurs que sur les 54 vagues de chaleur recensées en France depuis 1947, les deux tiers se sont produites depuis le début du XXIe siècle et la moitié après 2010. La multiplication de ces épisodes n’est donc plus une projection lointaine : elle est déjà observable dans les relevés météorologiques.
Pour cette semaine, retenons surtout ceci : petit recul lundi, remontée dès mardi, puis chaleur potentiellement très forte de mercredi à vendredi, avec 35 °C sur une grande partie de la France et des pointes proches de 40 °C. Et à cette heure, aucune véritable fraîcheur durable ne se dessine encore.
