Tout est sous nos yeux.
Il suffit d’observer, de se poser et
d’apprendre.
La beauté du monde se révèle parfois dans
un simple reflet de lumière.
Il faut se mettre en humilité.
Laisser toute la place à cette scène colorée
et lumineuse.
Accepter qu’elle existe sans vouloir la retenir.
Alors le paysage change.
Ou peut-être est-ce le regard.
Une scène saisissante.
Magique.
Improbable.
Jamais identique.
Une scène poétique et créative qui se répète
tout en se réinventant, d’heure en heure, de
jour en jour et de saison en saison.
Toujours la même trame.
À l’infini.
Mais jamais semblable.
La lumière dessine le monde.
La nature le met en couleur.
Je pourrais rester des heures devant un lever
de soleil.
Il est impalpable.
Intouchable.
Sensible.
Subtil.
Une magie quotidienne.
Un trésor visuel que je ne cesse d’admirer.
La lumière ne fait aucun bruit.
Pourtant, elle compose.
Elle révèle.
Elle efface.
Elle recommence.
Quelques nuages suffisent.
Une transparence traverse l’air.
Un reflet glisse sur l’eau.
Une pierre s’éclaire.
Une façade devient plus douce.
Et déjà le paysage n’est plus tout à fait
le même.
C’est dans cette observation précise, presque
extrême, que mon esprit trouve un refuge.
Le dessin est venu de là.
À force de regarder.
À force de laisser la lumière terminer ce
qu’elle avait commencé.
Je ne dessine pas pour reproduire
un paysage.
Je dessine pour accompagner cette lente
apparition du visible.
Pour rester quelques instants de plus auprès
d’une lumière qui ne reviendra jamais
exactement de la même manière.
La lumière dessine le monde.
J’essaie simplement de ne pas perdre le fil de
son premier dessin.
