Le scénario est l’une des grandes réussites du film. Chaque rebondissement semble aussi improbable qu’évident, les situations s’enchaînent avec une fluidité remarquable et l’écriture évite les facilités. Les dialogues, eux, font constamment mouche. Ils sont précis, ciselés, souvent irrésistibles, mais laissent toujours une place à l’émotion et à la tendresse.
Le trio d’acteurs est tout simplement exceptionnel. Franck Dubosc confirme qu’il est aujourd’hui bien plus qu’un simple comédien comique. Il compose un personnage nuancé, touchant et plein d’humanité. Benoît Poelvoorde est, comme souvent, d’une justesse incroyable, capable de faire rire tout en laissant apparaître une profonde fragilité. Quant à Laure Calamy, elle livre une nouvelle fois une prestation remarquable, mêlant énergie, naturel et sensibilité avec une facilité déconcertante.
Autour d’eux gravite une galerie de personnages secondaires qui ne sont jamais de simples silhouettes. Chacun existe pleinement, avec son histoire, ses failles et sa personnalité. C’est sans doute ce qui donne au film cette impression de richesse et de sincérité.
Mais ce qui rend Un ours dans le Jura si attachant, c’est aussi son regard. Derrière son humour parfois absurde se cache une véritable bienveillance envers celles et ceux qui ne rentrent pas dans les cases. Le film célèbre la différence sans jamais en faire un discours. Dans un environnement où les marginaux sont souvent rejetés ou incompris, il leur offre une place centrale et rappelle que l’humanité naît souvent de ceux que l’on regarde de travers.
Original, subtil, improbable et constamment réjouissant, Un ours dans le Jura réussit l’équilibre délicat entre la comédie populaire et le cinéma d’auteur. Une réussite presque totale, qui rappelle que le cinéma français est encore capable de proposer des œuvres singulières, généreuses et parfaitement écrites.
Une très belle surprise et, sans aucun doute, l’une des comédies françaises les plus réussies de ces dernières années.
