Il m’a toujours semblé qu’il
manquait quelqu’un.
Je ne savais ni son nom, ni son visage.
Je savais seulement que son absence
accompagnait chacun de mes jours.
Alors je marchais.
À travers les livres.
À travers les paysages.
À travers les villes.
À travers les silences.
Chaque dessin ralentissait le temps.
Chaque texte ouvrait une porte.
Je n’entrais pas dans un autre monde.
J’entrais dans des lieux qui existaient déjà.
Des pièces demeurées fermées.
Des fenêtres longtemps restées sans lumière.
Je m’y avançai sans bruit.
Sans conquête.
Avec la sensation étrange de reconnaître un
endroit où je n’avais pourtant jamais vécu.
Le silence changea peu à peu de nature.
Il ne séparait plus.
Il rapprochait.
Le voyage ne s’étendait plus devant moi.
Il revenait vers moi.
Alors une présence commença à se dessiner.
Discrète.
Patiente.
Comme quelqu’un qui n’avait jamais quitté
la maison.
Elle n’avait pas besoin que je l’invente.
Elle attendait seulement que je la rejoigne.
Je suis à la recherche de moi-même.
Je m’attends avec impatience.
