Une guerre sans bruit.
Sous ma peau, l’oeil du cyclone ne
s’endort jamais.
C’est un tumulte intérieur où chaque
sensation devient un soldat.
Les combats ne se voient pas.
Ils ne laissent ni fumée ni ruines.
Pourtant, ils traversent tout.
Rien n’explose autour de moi.
Tout explose dedans.
C’est dévastateur.
Ça emporte tout.
Il y a des jours où le fracas est si fort qu’il
emporte jusqu’à la possibilité de penser.
Alors il faut trouver un rempart.
Une branche.
Une pierre.
Quelque chose qui résiste encore.
Moi, je m’accroche à mes rituels.
Ils ne font pas taire la guerre.
Ils m’apprennent à la traverser.
Chaque geste répété devient une manière de
rester debout.
Une manière de retrouver le sol sous
mes pieds.
Alors je continue d’avancer.
Comme on traverse un paysage après le
bombardement.
Avec une attention extrême.
Comme si chaque pas pouvait tout
faire basculer.
Et pourtant…
Entre mes mains, je continue de porter le
désir obstiné de la paix.
