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Vivement Zidane : quatorze ans de Deschamps, même glorieux, c’était trop

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Vivement Zidane : quatorze ans de Deschamps, même glorieux, c'était trop

Il faut savoir partir. Dans le football comme ailleurs, la durée finit toujours par transformer les qualités en habitudes, les méthodes en automatismes et l’autorité en système. Didier Deschamps a énormément apporté à l’équipe de France. Personne de sérieux ne peut le nier. Mais quatorze années à la tête des Bleus, c’est beaucoup trop.

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Ce samedi 18 juillet 2026, face à l’Angleterre lors de la petite finale de la Coupe du monde, Deschamps dirigera son 185e et dernier match comme sélectionneur. Son bilan avant cette rencontre est considérable : 120 victoires, 35 matchs nuls et 29 défaites. Il a remporté la Coupe du monde 2018, la Ligue des nations 2021 et conduit la France en finale de l’Euro 2016 puis du Mondial 2022. Il est également devenu le sélectionneur comptant le plus de victoires dans l’histoire de la Coupe du monde.

Il ne s’agit donc pas de réécrire l’histoire ni de présenter Deschamps comme un mauvais entraîneur. Ce serait injuste et même absurde. Il a récupéré une sélection encore marquée par le désastre de Knysna, lui a rendu de la stabilité, de la discipline et une culture de la victoire. Il a reconstruit une équipe nationale crédible, respectée et presque toujours présente dans les derniers tours des grandes compétitions.

Mais la reconnaissance n’interdit pas la lassitude.

Depuis plusieurs années, regarder jouer l’équipe de France est trop souvent devenu un exercice de patience. Avec des joueurs parmi les plus talentueux du monde, les Bleus ont régulièrement donné l’impression de jouer avec le frein à main. La prudence a parfois ressemblé à de la peur. La maîtrise défensive s’est transformée en attentisme. Et le pragmatisme, autrefois justifié par les résultats, a fini par servir d’excuse à un football sans imagination.

La défaite 2-0 contre l’Espagne en demi-finale du Mondial 2026 résume cette fin de cycle. Deschamps lui-même a reconnu la supériorité espagnole. La France a été dominée techniquement, tactiquement et dans l’organisation du milieu de terrain, malgré une génération offensive composée notamment de Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé et Michael Olise.

Le problème n’est pas seulement d’avoir perdu. Toutes les équipes perdent, y compris les plus grandes. Le problème est cette sensation persistante que le potentiel français n’a pas été pleinement exploité. Pendant trop longtemps, la sélection a semblé compter davantage sur les exploits individuels, la vitesse de ses attaquants et sa solidité athlétique que sur une véritable identité collective.

Deschamps a souvent eu raison contre ses détracteurs. Ses résultats parlaient pour lui. Mais les résultats ne doivent pas rendre toute critique interdite. Une Coupe du monde remportée en 2018 ne pouvait pas devenir un mandat à vie. Une institution comme l’équipe de France doit savoir remercier ses serviteurs sans se condamner à dépendre éternellement d’eux.

Après quatorze ans, les discours se répètent. Les cadres s’installent. Les choix deviennent prévisibles. Les joueurs savent exactement ce que le sélectionneur attend, mais aussi ce qu’il ne tentera probablement jamais. La stabilité, lorsqu’elle dure trop longtemps, cesse d’être rassurante. Elle devient immobile.

C’est pour cette raison que l’arrivée attendue de Zinédine Zidane suscite autant d’impatience. Son choix n’est pas encore officiellement annoncé, même s’il apparaît comme le successeur naturel et que plusieurs médias ont fait état d’un accord verbal avec la Fédération française de football.

Zidane ne possède évidemment aucune garantie de réussite. Son nom, son aura et ses trois Ligues des champions consécutives remportées avec le Real Madrid ne suffiront pas à gagner des matchs internationaux. Il n’a plus entraîné depuis 2021 et découvrira les contraintes particulières d’une sélection, où le temps de travail avec les joueurs est extrêmement limité.

Mais il apportera quelque chose devenu indispensable : un changement d’air.

Les Bleus ont besoin d’une autre voix, d’autres habitudes, d’un nouveau regard sur les joueurs et probablement d’une ambition différente dans le jeu. Zidane connaît la pression, les grands vestiaires, les ego et les rendez-vous qui écrasent les entraîneurs ordinaires. Il sait également ce que représente le maillot français. Peu d’hommes réunissent à ce point la légitimité sportive, l’autorité naturelle et l’attachement populaire.

Il faudra néanmoins se méfier du fantasme. Zidane ne transformera pas automatiquement chaque match des Bleus en festival offensif. Son Real Madrid savait aussi souffrir, défendre et gagner sans toujours séduire. Mais son arrivée briserait enfin une routine devenue étouffante.

Didier Deschamps mérite une immense reconnaissance. Il appartient déjà à l’histoire du football français, comme capitaine champion du monde en 1998 et comme sélectionneur victorieux vingt ans plus tard. Son héritage ne disparaîtra pas parce que son cycle se termine dans la lassitude.

Mais justement : respecter son œuvre, c’est aussi accepter qu’elle soit terminée.

Merci pour les victoires, les finales, la deuxième étoile et la stabilité retrouvée. Mais quatorze ans, c’était trop. L’équipe de France ne doit pas devenir la propriété d’un sélectionneur, aussi brillant soit son palmarès.

Vivement Zidane.

Non parce qu’il effacera Deschamps.

Parce qu’il est enfin temps que les Bleus recommencent une nouvelle histoire.

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