Mon regard sur l’Exposition Hilma af Klint au Grand Palais
Résolument en avance sur les grands courants du 20e siècle, Hilma af Klint (1862-1944) a bouleversé la chronologie de l’art moderne, réalisant, bien avant les figures établies de l’abstraction comme Kandinsky ou Malevitch, des peintures d’inspiration ésotérique d’une audace exceptionnelle, alliant géométrie, aplats de couleurs vives et motifs organiques.
Une exposition Grand Palais × Centre Pompidou.
Aujourd’hui, j’ai découvert l’univers de Hilma af Klint au Grand Palais. J’ai eu la sensation rare de rencontrer une oeuvre qui ne cherche pas seulement à être regardée, mais ressentie de l’intérieur.
Sa manière de faire vibrer les couleurs, de traduire l’invisible, les émotions, les correspondances secrètes entre les formes et les sensations, est entrée en résonance profonde avec ma propre perception du monde.
En tant que femme, artiste, dessinatrice, autrice, mais aussi avec ce fonctionnement particulier neurologique, ( confirmé par le milieu médical ) Asperger, HPI, Synesthète, je me suis reconnue dans cette façon de penser en dehors des cadres imposés, dans cette intuition presque organique des couleurs et des symboles.
Chez elle, comme chez moi, la couleur devient un langage vivant. Elle ne décrit pas, elle traverse. Elle évoque ce que beaucoup ressentent sans pouvoir le formuler. Et c’est peut-être cela qui m’a le plus touchée, cette liberté de créer depuis un endroit intérieur, singulier, intense, sans chercher à se conformer à son époque.
Face à ses oeuvres, j’ai eu le sentiment d’être comprise sans mots. Comme si certaines sensibilités, longtemps restées invisibles ou incomprises, pouvaient enfin exister pleinement à travers l’art.

Exposition Hilma af Klint au Grand Palais, du 6 Mai au 30 Août. Partenariat Grand Palais × Centre Pompidou.
