Le maire de Saint-Denis décroche le portrait d’Emmanuel Macron : un très mauvais signal pour la République

Le maire de Saint-Denis décroche le portrait d'Emmanuel Macron : un très mauvais signal pour la République

Le nouveau maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a reconnu avoir décroché le portrait officiel d’Emmanuel Macron de son bureau à la mairie. Selon ses propres mots, le portrait aurait été « décroché et retourné dans un coin ».

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On peut être de gauche, très à gauche, insoumis, opposant radical à Macron ou à sa politique. C’est le jeu démocratique. Mais il existe une différence fondamentale entre combattre politiquement un président et abîmer symboliquement la fonction présidentielle elle-même. Dans une République déjà fragilisée par la défiance, les violences verbales et la perte du sens des institutions, ce genre de geste est une très mauvaise idée.

Car le portrait du président dans une mairie n’est pas un poster militant. Ce n’est pas un objet d’adhésion affective. C’est un symbole de continuité républicaine. Il représente l’État, la fonction, la stabilité institutionnelle du pays. Décrocher ce portrait pour signifier son hostilité politique revient à introduire dans la maison commune une logique de camp permanent. Et cette logique finit toujours par fracturer davantage le pays.

Ce qui est paradoxal, c’est que la gauche historique française a longtemps été extrêmement attachée aux institutions républicaines. La culture républicaine, laïque, universaliste, le respect de l’État et des symboles communs faisaient partie de son ADN. Même dans les oppositions les plus dures, un maire communiste respectait la fonction présidentielle. On pouvait détester De Gaulle, Mitterrand, Sarkozy ou Macron sans transformer les mairies en territoires idéologiques autonomes.

Le problème de ce type de geste est aussi le signal qu’il envoie. À une époque où une partie croissante de la population doute déjà de l’autorité de l’État, du fonctionnement démocratique et des institutions, banaliser ce genre de démonstration contribue à délégitimer encore un peu plus la République elle-même. Et quand chacun commence à reconnaître uniquement les symboles qui lui plaisent politiquement, on entre dans une logique dangereuse de fragmentation du pays.

Cela ne retire rien aux attaques racistes dont Bally Bagayoko a été victime, attaques qui sont inacceptables et doivent être condamnées sans ambiguïté. Mais justement : défendre la dignité républicaine aurait consisté à se placer au-dessus du ressentiment symbolique, pas à participer à la dégradation du cadre commun.

Une démocratie solide repose aussi sur des rites, des symboles et des limites. Les fragiliser pour quelques points de communication politique est rarement un signe de maturité démocratique

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le 06/05/2026
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