FINUL : mission utile ou vestige inutile ? Pourquoi son avenir est plus menacé que jamais

FINUL : mission utile ou vestige inutile ? Pourquoi son avenir est plus menacé que jamais

La Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) est en train de vivre ses dernières années, et peut-être ses derniers mois d’influence réelle. Créée en 1978 pour stabiliser le sud du Liban et servir de tampon entre Israël et le Hezbollah, elle incarne aujourd’hui une forme d’impuissance diplomatique devenue presque structurelle.

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Depuis l’été 2025, le signal est clair : son mandat a été prolongé une dernière fois jusqu’au 31 décembre 2026, avec un retrait progressif ensuite. Derrière cette décision, il y a une réalité brutale : les États-Unis et Israël considèrent la mission comme inefficace, incapable d’empêcher le réarmement du Hezbollah ni de garantir la sécurité de la frontière. Autrement dit, la FINUL n’est plus perçue comme une solution, mais comme un témoin gênant.

Sur le terrain, la situation confirme ce déclassement. En 2026, en pleine reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah, les Casques bleus sont pris pour cible, blessés, voire tués. Une force censée maintenir la paix devient elle-même une victime du conflit. Elle observe, documente, mais n’agit pas réellement. Son mandat est limité, sa capacité de dissuasion quasi nulle. C’est toute la contradiction du maintien de la paix version ONU : être présent sans pouvoir imposer.

Et pourtant, dire que la FINUL ne sert à rien serait une erreur simpliste. Elle reste un outil de stabilisation relative. Elle limite les escalades accidentelles, facilite l’aide humanitaire et maintient un minimum de dialogue militaire indirect entre ennemis. Même critiquée, elle joue un rôle de “zone tampon psychologique”. Emmanuel Macron lui-même parle d’un rôle « essentiel de stabilisation ».

Mais ce rôle est fragile, presque théorique. La vraie question n’est plus de savoir si la FINUL est utile, mais si elle est adaptée à la guerre moderne. Face à des acteurs hybrides comme le Hezbollah, à des stratégies militaires asymétriques et à des puissances régionales qui n’acceptent plus les contraintes multilatérales, la logique des Casques bleus apparaît dépassée.

Son retrait annoncé ouvre un scénario inquiétant : laisser seule l’armée libanaise gérer une zone ultra sensible, avec le risque d’un vide sécuritaire immédiat. En clair, la FINUL pourrait disparaître au moment même où elle serait la plus nécessaire — mais aussi la plus inutile dans sa forme actuelle.

Conclusion franche : la FINUL a encore un avenir… mais pas sous cette forme. Soit elle devient une force réellement contraignante, ce que personne ne veut politiquement, soit elle disparaît, emportée par la logique du réel. Aujourd’hui, elle tient plus du symbole que de la puissance. Et dans un Moyen-Orient qui s’embrase, les symboles pèsent de moins en moins lourd.

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le 16/04/2026
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