Le Général Jérôme Pellistrandi sur BFMTV, la guerre expliquée à l’heure des plateaux

Le Général Jérôme Pellistrandi sur BFMTV, la guerre expliquée à l'heure des plateaux

Sur les plateaux de BFMTV, au milieu du flux continu d’images de guerre, une silhouette revient avec une régularité presque rassurante, celle du général Jérôme Pellistrandi. Costume sombre, ton posé, regard droit. Il ne crie pas, il ne surjoue pas. Il explique avec même un petit cheveu reconnaissable sur la langue et quelques fautes d’accord récurrentes. Et dans un paysage médiatique saturé de réactions à chaud, cette posture devient presque une anomalie.

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Ancien officier supérieur, fin connaisseur des conflits contemporains, Pellistrandi appartient à cette génération de militaires passés du terrain à la parole publique. Mais là où d’autres cherchent la formule ou la posture, lui s’en tient à une ligne claire : rendre intelligible ce qui, par nature, échappe à la compréhension immédiate. La guerre, chez lui, n’est jamais un spectacle. C’est une mécanique tragique.

Mais chez lui, un autre fil traverse ses prises de parole, plus discret mais bien réel : la question religieuse. Et pas seulement comme grille de lecture des conflits. Pellistrandi semble porter une culture, voire une sensibilité profondément catholique, qui affleure dans ses analyses. Cela se ressent dans son attention particulière aux symboles, aux rites, aux héritages spirituels qui irriguent encore les sociétés en guerre.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’il est régulièrement mobilisé pour commenter des événements liés à Pape François ou à des lieux hautement symboliques comme Cathédrale Notre-Dame de Paris. Là où d’autres analystes restent strictement géopolitiques, lui élargit le regard. Il replace les événements dans une histoire plus longue, où le religieux n’est jamais totalement dissocié du politique.

Car parler de religion dans la guerre contemporaine, c’est marcher sur une ligne de crête. C’est accepter de dire que certains conflits ne sont pas uniquement géopolitiques ou économiques, mais traversés par des visions du monde incompatibles. Pellistrandi ne caricature pas. Il nuance. Il rappelle que la religion peut être à la fois moteur, prétexte ou habillage. Mais jamais un détail.

Dans ses interventions, il y a une forme de pédagogie presque austère. Pas de sensationnalisme, pas de prophéties faciles. Il insiste sur le temps long, sur la complexité, sur l’impossibilité des solutions rapides. À une époque où tout doit être tranché en trente secondes, cette lenteur analytique détonne.
Et c’est précisément pour cela qu’elle compte.

Mais il y a aussi une limite à cet exercice. À force de vouloir expliquer, on peut parfois donner l’illusion que tout est maîtrisable, décodable, presque logique. Or la guerre reste fondamentalement irrationnelle. Elle déborde toujours les cadres, y compris ceux des meilleurs analystes. Pellistrandi le sait, et c’est sans doute ce qui donne à son discours cette gravité particulière.

Il ne vend pas de certitudes. Il pose des repères.

Dans un monde où l’image prime sur le fond, où la guerre devient parfois un contenu parmi d’autres, la présence d’un homme comme lui rappelle une chose simple : comprendre, c’est déjà résister au chaos. Et encore faut-il accepter de regarder ce chaos en face, sans filtre, sans confort, sans récit simplificateur.
C’est là que son rôle dépasse celui d’un simple consultant télé.

Il devient, malgré lui, une forme de conscience froide dans un paysage brûlant.

le 01/04/2026
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