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Il prend le contrôle de la Tesla de son ex-compagne à distance : quand la technologie devient une arme de terreur conjugale

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En Australie, un homme de 50 ans a été condamné à deux ans et trois mois de prison après avoir notamment utilisé l’application de la Tesla de son ancienne compagne pour la harceler, l’espionner et mettre sa sécurité en danger. Une affaire glaçante qui révèle une nouvelle forme de violence conjugale : l’emprise numérique.

On connaissait les conjoints jaloux qui fouillent les téléphones, surveillent les réseaux sociaux ou installent des logiciels espions. Mais cette histoire australienne franchit une étape supplémentaire dans l’horreur technologique. Imaginez que votre voiture ne vous obéisse plus. Que le chauffage se déclenche tout seul, que la climatisation transforme votre habitacle en réfrigérateur, que votre vitesse soit limitée sans votre consentement et que votre ancien compagnon puisse intervenir à distance sur votre véhicule. Ce qui ressemble au scénario d’un thriller paranoïaque est pourtant arrivé à une femme vivant à Sydney.

Son ancien compagnon, Enrico Pucci, 50 ans, avait trouvé un moyen particulièrement pervers de prolonger son emprise après leur séparation : utiliser l’application connectée de sa Tesla pour transformer la voiture en instrument de harcèlement.

L’histoire commence bien avant les manipulations informatiques. Pendant plusieurs années, cette Australienne, dont l’identité a été protégée, subit des violences physiques, des menaces et des comportements de domination. Lorsqu’elle achète une Tesla, son compagnon lui propose de l’aider à maîtriser les fonctionnalités technologiques du véhicule. Il obtient ainsi un accès privilégié à l’application et aux commandes de la voiture. Une assistance apparemment bienveillante qui deviendra, après leur rupture, un véritable piège.

En octobre 2025, la femme parvient à mettre fin à leur relation. Mais son ancien compagnon refuse manifestement de perdre le contrôle.

Quelques semaines plus tard, l’alarme de sa Tesla retentit à plusieurs reprises pendant la nuit. Le lendemain, elle découvre qu’un profil de contrôle parental a été ajouté au système informatique du véhicule. Un profil auquel elle-même ne peut accéder.

Le cauchemar commence.

Entre le 6 et le 12 novembre 2025, Enrico Pucci utilise les fonctionnalités connectées de la voiture pour modifier la température de l’habitacle, passant du froid extrême à une chaleur étouffante. Il intervient également sur les paramètres de vitesse, notamment en activant le mode voiturier, qui limite le véhicule à 40 kilomètres à l’heure. Il peut agir sur les fonctions de verrouillage et les restrictions d’utilisation du véhicule.

Selon les documents policiers présentés à la justice australienne, ces manipulations provoquent une détresse psychologique considérable et soulèvent de véritables problèmes de sécurité routière. L’homme tente également à sept reprises de déconnecter la voiture de son dispositif de recharge.

À un moment, il poursuit son ancienne compagne en voiture et lui lance une phrase terrifiante : « Je suis dans ta voiture. Je suis dans ton GPS. »

Il ne s’agit pas d’une prise de contrôle complète de la conduite, comme si quelqu’un pouvait tourner le volant à distance. Mais les fonctions auxquelles cet homme avait accès suffisaient à perturber profondément l’utilisation du véhicule et à terroriser sa propriétaire.

Le plus inquiétant reste la simplicité du procédé. Enrico Pucci n’était pas un pirate informatique de génie. Il n’avait pas découvert une faille secrète dans les systèmes de Tesla. Il exploitait des autorisations numériques obtenues pendant leur vie commune et conservées après la séparation.

C’est précisément ce qui rend cette affaire particulièrement révélatrice de notre époque.

Nous vivons désormais entourés d’objets connectés. Nos téléphones connaissent nos déplacements, nos montres enregistrent notre activité, nos caméras surveillent nos logements, nos assistants domestiques commandent nos appareils et nos automobiles deviennent progressivement des ordinateurs roulants. Cette technologie, conçue pour nous simplifier la vie, peut également devenir un formidable instrument de domination lorsqu’elle tombe entre les mains d’une personne violente.

Dans une relation équilibrée, partager des accès numériques peut sembler parfaitement naturel. Mais lorsque la relation devient abusive, ces mêmes autorisations peuvent se transformer en moyens de surveillance, de contrainte et d’intimidation.

L’affaire australienne illustre ce que les spécialistes appellent les violences facilitées par la technologie. Elles ne remplacent pas nécessairement les violences conjugales traditionnelles. Elles peuvent les prolonger, les amplifier et permettre à leur auteur de maintenir son emprise sans même se trouver physiquement auprès de sa victime.

Le dossier judiciaire révèle d’ailleurs des faits autrement plus graves que les seules manipulations de la Tesla. Enrico Pucci avait notamment agressé son ancienne compagne, l’avait menacée et, selon les éléments retenus par la justice, l’avait étranglée jusqu’à lui faire perdre connaissance. Les magistrats ont examiné un ensemble de comportements violents et coercitifs s’étendant sur plusieurs années.

Le 2 septembre 2026, le tribunal local de Parramatta, dans l’agglomération de Sydney, l’a condamné à deux ans et trois mois d’emprisonnement pour trente infractions liées aux violences conjugales, avec une période de quinze mois avant toute possibilité de libération conditionnelle.

L’homme a fait appel de sa peine. Une nouvelle audience est prévue à la fin du mois d’octobre 2026.

Au-delà de cette condamnation, une question fondamentale se pose : à qui appartient réellement un objet connecté ?

Posséder physiquement une voiture ne signifie pas nécessairement en contrôler tous les accès numériques. Les comptes utilisateurs, les applications mobiles, les profils administrateurs et les autorisations secondaires peuvent créer des situations particulièrement dangereuses lorsque plusieurs personnes ont partagé le même équipement.

Et le problème dépasse largement Tesla. Il concerne potentiellement l’ensemble des constructeurs automobiles proposant des services connectés, mais également les serrures intelligentes, les systèmes de vidéosurveillance, les thermostats, les dispositifs de géolocalisation et tous les objets domestiques pilotables à distance.

La séparation d’un couple devrait désormais s’accompagner, lorsque cela est nécessaire, d’une véritable séparation numérique : révision des autorisations, suppression des accès partagés, modification des mots de passe et vérification des comptes administrateurs. Dans un contexte de violences conjugales, ces démarches doivent toutefois être préparées avec prudence, car la suppression soudaine d’un accès peut alerter l’auteur des violences et provoquer une escalade.

Les fabricants ont également une responsabilité considérable. Ils doivent permettre aux utilisateurs légitimes de reprendre le contrôle de leurs équipements, de comprendre qui dispose d’un accès et de révoquer efficacement les autorisations devenues indésirables.

L’histoire d’Enrico Pucci et de son ancienne compagne n’est donc pas seulement un fait divers spectaculaire. Elle raconte quelque chose de notre monde, de notre fascination pour les technologies intelligentes et de notre difficulté à anticiper leurs détournements.

Pendant longtemps, quitter un conjoint violent signifiait notamment changer de serrure, récupérer ses clés et trouver un endroit où se protéger.

Aujourd’hui, il faut parfois aussi vérifier qui possède encore les clés numériques de notre existence.

Car dans cette affaire, le plus terrifiant n’est finalement pas qu’un homme ait pu intervenir à distance sur une automobile à plusieurs dizaines de milliers d’euros.

C’est qu’une femme ait réussi à quitter son compagnon sans parvenir immédiatement à échapper à son contrôle.

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