Lettre ouverte à Maurice G. Dantec

Depuis quelques semaines, l’excellent site Subversiv.com semble beaucoup agacer Maurice G. Dantec . L’exilé canadien trépigne du clavier et pourtant il a grand tort. Comment un bon écrivain français aussi respectable au moins dans son écriture (car certaines de ses idées peuvent porter à polémique) peut se soucier autant de petites révoltes d’internautes anonymes noyés dans les courants cybernétiques ?

Que se passe t’il au juste ?

De vilains agitateurs essayent de lui faire entendre raison en lui glissant quelques messages en filigrane « Maurice, fais attention, ton image publique est en train de devenir du n’importe quoi, ton boulot c’est de témoigner en roman, pas de soigner ton look bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz (…) ».

L’écrivain, récemment « Parismatchisé », à travers un article assez pathétique dans sa mise en scène et ne reflétant en rien la pertinence ni le génie littéraire de l’écrivain, est ridiculisé car d’aucuns ont décidé de prendre sa communication en mains, le faisant passer pour ce qu’il n’est pas, ce qui énerve au plus haut point les véritables lecteurs fidèles. Ces réactions sont bien légitimes n’est-il pas ?

Maurice G. Dantec puisque tu me lis, puisque mes écrits trouvent tant de grâce à tes yeux, ouvre enfin les tiens avant qu’il ne soit trop tard. Tu n’as besoin de personne pour vendre des livres à tes fidèles. Donc surtout pas de mauvaise publicité. Réfléchis bien à tout cela.

Septembre approche et tu ne réussiras pas le Buzz espéré en agissant de la sorte. Houellebecq est plus fort à ce jeu-là. Il n’y a qu’un seul juge : le lecteur et une seule certitude ; si le texte est bon, cela créera un mouvement de ventes, un évènement littéraire.

Tout le reste est stérile… et parfaitement ridicule.
Sois digne Maurice, un homme de plume ne s’entoure pas de poids-plume. C’est une mauvaise stratégie de combat.

Frédéric Vignale

le 14/06/2005
Impression

1 Message

  • 22 mai 2007 19:01

    Je suis (ou devrais-je dire j’étais ?) un lecteur fidèle mais pas assidu de Dantec. Seulement, j’ai le sentiment que les drogues qu’il emploie pour son usage verbo-moteur lui ont grillé sa matière grise et amplifié sa paranoïa.
    Lors d’un passage télévisé Chez F.O.G., je lui aurais volontier mis ma main dans la figure quand il s’attaquait à Bayrou, de part son attitude de petit rocket outré. Franchement !
    Qu’il dénonce des fanatismes de tout ordre, on peut le concéder, mais comme Elizabeth Lévy (est-ce le bon prénom ?)l’a dit face à lui dans Culture & Dépendance, les propos de l’écrivain tournent souvent au discour miroir.
    Ceci-dit, Grande Jonction est peut-être son meilleur depuis Les Racines Du Mal.