Musique : SHIVAREE and the trouble...

Musique : SHIVAREE and the trouble...

Alors que leur précédent opus « Roug Dreams » n’avait pas connu de sortie aux US mais uniquement en Europe pour cause de maison de disques à problème, revoici pointer le bout du nez de Shivaree et plus particulièrement la frimousse appétissante d’Ambrosia Parsley avec son timbre de voix si particulier de Betty Boop sous influence blues.

Ce troisième album fait remonter agréablement la cote de ce trio (Ambrosia au chant, Duke McVinnie à la guitare et Danny Mcgough au clavier-piano). Ayant compris qu’à trop mettre de parures on en oublie l’essentiel, ils reprennent leur histoire là où « Goodnight Moon » les avaient laissé. L’émotion monte aussitôt les premiers notes entendues. Leurs « New Casablanca », « Close My Eyes » ou encore « Mexican Boyfriend » nous rappellent qu’ils sont presque uniques dans leur genre. Le spleen démystifié des titres, les lettres d’amour et l’envie de se laisser couler dans un chant langoureux prennent aux tripes. C’est dans un club new-yorkais ou alors en « mail » d’amour sur un tapis usé partout ailleurs que l’on savoure pleinement ces américains qui connaissent la musique se perdant dans des rêves enfumés. Il se dit que la miss Parsley serait animatrice sur une radio contestatrice aux US, qu’elle fredonnerait aux oreilles des auditeurs des mots dangereux anti-Bush, le tout avec élégance. Comme sur ce disque où sa mélopée de sirène pourrait charmer jusqu’au plus intégriste des libéraux.

Partout l’on peut donc trouver des frères et sœurs de sangs impures. Des rescapés de la mondialisation. La reprise de « 2 far » dans un rythme dissemblable de celui imprimé sur l’album précédent montre également toute la palette qu’ils dominent parfaitement pour varier, pour enchanter leur public fidèle et sous influence.

SHIVAREE, Who’s Got Trouble, V2

Pierre Derensy

le 12/05/2005
Impression