Trois petits textes sur la mort du pape...

LE GRAND PAPE-SHOW

Nos journalistes nous informent heure par heure de l’état du pape. Plus fort : en Italie c’est même minute par minute !

Caméras du monde entier braquées vers le chevet de l’illustre moribond.

Les présentatrices-maquerelles de télévision et les grands maffieux de l’information abrutisseurs de foules nous informent, nous informent. Ha ça pour informer, ils informent ! L’information qu’ils nous donnent est essentielle, en effet...

Stérile !

Demain le pape sera mort. On le sait déjà. Le monde entier le sait.

Mais non, les journalistes se prostituent encore de manière éhontée à leur foutu "devoir d’information" en nous informant en direct du temps papal qu’il fait. Mieux : en nous commentant le bulletin météorologique de la veille. Il faut bien qu’ils gagnent leur vie en nous informant minute par minute que le pape est en train de mourir, non ? Des années d’études de journalisme pour informer en direct des millions de gens qu’il est en train de pleuvoir ou de faire beau au-dessus de chez eux !

En direct de la Place Saint-Pierre, on nous informe qu’il y a des gens, des groupes, des pèlerins. Attendons-nous à des scoops encore plus palpitants. De quoi tenir en haleine la terre entière. Exemples : la nuit tombe sur la Place Saint-Pierre, une colombe aurait été aperçue sur la place (un miracle ?), la température ambiante en Italie est de tant de degrés Celsius, un nuage passe, un bout de bois a été trouvé par terre. Ou alors on verra une interview en direct d’un passant, d’une boîte de coca qui roulait au vent sur la Place Saint-Pierre (un signe ?)....

Merci de nous informer, bande de sots journalistes à la gomme !

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PATHOLOGIE DE FOULES

La mort du pape a fait sortir des millions de chapelets morbides roulant entre des millions de doigts superstitieux. Image saisissante, bêtifiante et "bigotière" d’une humanité en proie à ses démons religieux sulpiciens.

Des milliers de gens se sont rassemblés pour l’occasion, les moins pudiques ne craignant pas d’exhiber avec ostentation leur religiosité aux foules et caméras qui les entouraient. Je suis persuadé que seuls devant leur télévision, les mêmes seraient restés impassibles, inertes, pas fervent pour un sou. Et d’ennui auraient même tout simplement changé de chaîne.

De même qu’avec la mort de Lady Diana, on nage en plein dans le "crétiniquement correct". Méfions-nous toujours des foules et de ses mouvements, qui ne connaissent ni les nuances ni la réflexion.

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LA MORT D’UN MORTEL DEGUISE EN BLANC

Le pape a expiré sous les projecteurs et des millions de veaux mous fanatisés le pleurent benoîtement. Personnellement je n’avais aucun lien de parenté ni affectif avec le vieux pontife, aussi je ne vois pas par quel étrange miracle je verserais une larme pour la vieille star mondiale. J’estime en outre que le défunt a vécu longtemps, repus, heureux, célèbre, entouré de personnes illustres. Pourquoi le pleurerais-je ? Il a eu une belle vie.

Rappelons-nous que les larmes versées en son nom sont des larmes de foules. Autrement dit, du vent.

De la pure bêtise populaire. Les foules sont profondément sottes, c’est bien connu.

Le pape est mort, que ce que ça change à ma vie ? Sur le plan individuel, strictement rien. Seulement certaines foules elles sont persuadées que le monde va s’arrêter de tourner. Jusqu’au moment où chacun se rendra compte que pape ou pas pape, chaque humain pris à part (extrait de la foule aliénante) porte en lui-même sa propre destinée, qu’elle soit fardeau ou lumière.

Le reste n’est que fumée de Vatican.

Raphaël Zacharie de Izarra

le 02/04/2005
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