Lettre ouverte au Président de l’Université de Nantes

Lettre ouverte à François Resche

par Sébastien Moussion,
Elu au Conseil d’Administration de l’Université de Nantes

Monsieur le Président de l’Université de Nantes,

Vous n’êtes pas sans vous rappeler que j’étais moi-même candidat à la vice-présidence étudiante de l’Université en décembre 2002, mais votre choix s’est finalement porté sur un autre candidat. Cela fait maintenant deux ans que votre Bureau est élu et c’est en tant qu’administrateur et représentant des étudiants que je vous adresse cette lettre ouverte.

En effet, concernant le bilan de la vice-présidence étudiante, il est l’heure de considérer l’ensemble des actions menées durant deux ans. Dans votre propre programme de candidat, vous annonciez une série de mesures dévolues expressément à ce poste et la vice-présidente étudiante s’est engagée à répondre à ces dossiers.

Sur le statut de l’élu étudiant : lors des deux premiers mois du mandat de la vice-présidente étudiante, celle-ci s’est engagée à faire une charte, en coopération avec les élus étudiants, sur leur statut. Etablir un statut de l’élu, ainsi que celui du membre d’association, est un sujet-clé de nos universités françaises et est essentiel pour résoudre les difficultés qu’ont les étudiants à s’engager, à prendre des initiatives très formatrices pour eux-mêmes, à participer à la vie de la cité, tout en pouvant poursuivre correctement leurs études.
Aujourd’hui, deux ans après, rien n’a été mis en place, aucune communication n’a été faite avec les élus étudiants malgré plusieurs tentatives de ma part et de plusieurs élus.

Sur les relations avec les élus étudiants : certes, il a été mis en place une ou deux journées de formation des élus sur nos deux ans de mandat. Je salue cette initiative. Mais, je crois que, à part quelques e-mails envoyés aux élus étudiants, la communication entre nous et la vice-présidente étudiante est restée très limitée, bloquant, il faut vous en persuader, une véritable mise en place d’une politique étudiante qui aurait permis de développer plus encore la vie étudiante nantaise, en créant un réel débat entre les différentes organisations étudiantes, moteur de cette politique.

Sur la vie étudiante : le Fonds de Solidarité et de Développement des Initiatives Etudiantes (FSDIE) représente le meilleur moyen de développement de la vie étudiante et est financé par une partie des droits d’inscriptions demandés aux étudiants. Près des deux tiers de ce fonds reste inutilisé chaque année, ce qui nous place dans les plus mauvaises positions dans les classements nationaux sur ce sujet. De nombreux projets étudiants n’arrivent pas à voir le jour et les conditions de validations des projets sont de plus en plus contraignantes. Nous arrivons donc, malgré une communication que je reconnais avoir été nettement amplifiée, à une dégradation de ce système pourtant si fondamental, alors même que vous vous étiez engagé à l’améliorer.

Ensuite, je tiens à souligner deux événements, survenus au cours de mon mandat d’administrateur, montrant un dysfonctionnement flagrant de la vice-présidence étudiante.

D’une part, lors de cette rentrée 2004, il a été organisé une série de concerts sur le parking du Tertre, sans consultation du Comité de gestion du site du Tertre (ce qui nous a été confirmé par le Doyen Raphaël Romi qui en est le président) ce qui normalement aurait dû être la procédure. De plus, ceci, en pleine rentrée sur ce campus, a largement réduit le nombre de places de parking, provoquant des gênes flagrantes pour les usagers et une pratique du stationnement sauvage dangereuse. Ainsi, alors même que l’on pouvait envisager d’autres lieux plus appropriés, la vice-présidente étudiante a pris des initiatives sans consultations du comité de gestion et au détriment des étudiants.

D’autre part, lors du blocus de l’hiver dernier, la vice-présidente étudiante a participé et ne s’est pas opposé, alors qu’elle en avait les moyens, à un blocus étudiant qui a endommagé les locaux universitaires et paralysé le fonctionnement d’un service publique dont elle est la garante en tant que vice-présidente de l’Université.

Le bilan que je peux tirer aujourd’hui, monsieur le Président, de ces deux ans de mandat est malheureusement très négatif, puisque les priorités pour lesquelles elle a été nommée ont été occultées, sans consultation des élus étudiants et les initiatives engagées ont parfois été prises au détriment des étudiants et des autres institutions universitaires.

Je vous prie de croire, monsieur le Président, à l’assurance de ma haute considération.

Sébastien MOUSSION

le 16/11/2004
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