Paris : les cuisiniers du Café Ruc en grève

La cuisine est un métier dur, parfois brutal ; c’est un milieu à l’énergie tendue où règne souvent l’autoritarisme et dont les employés se mettent rarement en grève. Payés au lance-pierre, parfois malmenés, il est rare qu’ils osent se défendre. Alors, pour que les cuisiniers du Café Ruc (luxueux café tenu par le groupe Costes, à Paris, près du Palais-Royal) aient installé un piquet de grève sur le trottoir depuis le 13 octobre, il faut qu’ils en aient gros sur le cœur.

Que demandent-ils ? Pas la lune : le paiement de leurs nombreuses heures supplémentaires, la possibilité d’être nourris et l’instauration d’une pause-repas, la revalorisation de leurs salaires en fonction des contraintes liées à la profession et, enfin, le respect des normes d’hygiène et de sécurité — qui laissent fortement à désirer dans les établissement du groupe Costes. Cette dernière revendication étant, clairement, autant au bénéfice des clients que des salariés.

La cour d’appel de Paris a déjà rappelé la famille Costes à l’ordre en réintégrant un délégué syndical qu’elle avait fait démissionner par la force. Au Café Ruc, deux salariés grévistes ont été licenciés pour avoir osé demander l’organisation d’élections professionnelles. Récemment, les grévistes, sommés par la police de quitter le trottoir, ont été accueillis dans l’établissement par des vigiles et ont reçu du gaz lacrymogène.

Pour que cessent dans la restauration ces pratiques dignes du XIXe siècle, et pour qu’une hygiène minimale soit respectée dans ces établissements affichant une apparence de luxe et les prix à l’avenant ; pour que l’envers du décor soit aussi soigné que l’endroit, soutenez les grévistes du Café Ruc !

le 31/10/2004
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