Affaire Lelouch : Derensy répond à un de ses détracteurs

Réponse en caractère gras de colère à un monsieur fort sympathique qui m’écrit, car il ne semble pas apprécier que je critique le travail de Claude Lelouch.

Monsieur.

J’aurais préféré "Jeune homme" je ne suis pas arrivé à l’âge du Monsieur, jamais je n’y serais ! Je suis un éternel adolescent pris la main au collet dans le pull over invisible de Béatrice Dalle.

Pour pouvoir critiquer, il faut au moins savoir faire la même chose.

En même temps faire du Lelouch c’est pas ce qui a de plus compliqué au cinéma. Une caméra, un village comme Paris, je tourne sur mon acteur fétiche et enroule d’une camisole totale mon actrice Nicolle Croisille afin qu’elle ne chante pas... bref : je devrais y arriver.

La critique est aisée, mais l’art est difficile.

C’est pour cela que j’ai choisi ce métier, tous mes proches le savent : je suis un frustré de la bande.

Qu’avez-vous fait du haut de vos trente ans ?

Pèle-Mêle : l’amour donc des enfants, des critiques de mes enfants, des critiques de mes parents, de la psychanalyse. Maintenant j’en arrive à critiquer l’amour, à répondre à des critiques de mes critiques, je m’emmêle.

Votre nom ne figure pas sur mes tablettes artistiques, éclairez ma
lanterne que diable !

Faut-il nécessairement avoir fait pour juger ?

A mon avis, Lelouch sera réellement reconnu au moins 10 ans après sa
mort.

Mais Lelouch est mort depuis ’L’aventure c’est L’aventure’ mon cher monsieur !

Vous serez alors un des premiers à reconnaître son talent, comme
beaucoup de critiques professionnels ou non.

Non, non et non ! je n’ai pas dis que Lelouch n’avait pas de talent, j’ai dis qu’il n’en avait plus ! nuance.

Vous êtes certainement un de ces amateurs de films américains à gros
budget, casquette à l’envers et survêtement de sport que l’on voit
sortir des salles en crachant par terre ainsi que sur les cinéastes de
talent.

Et voilà le bon retour à l’antiaméricanisme primaire !
Allez voir mes précédentes chroniques de films pour voir que je suis l’anti-film américain à gros budget (et cela m’a déjà coûté chers) mais oui je suis amateur de films américains, saoudien, burkinabais mais surtout suis un destructeur massif de ce cinéma français maniéré et lourd à digérer qui semble vous convenir à merveille. J’aime le cinéma pour l’émotion et ne lui fait pas porter une étiquette de couleur ou de race. Oui je crache à terre car je suis mal élevé et enfin ceux qui me connaissent savent à quel point je m’habille chic et porte toujours la coiffe de circonstance, malheureusement pour vous, je hais le sport et donc ses dérivés vestimentaires. Je n’aime pas le racisme qui transparait dans votre discours mon cher monsieur et c’est essentiellement pour cette phrase qui sent la merde que je vous réponds.

Je n’ai pas le déshonneur de vous connaître, Dieu merci.

Pareillement.

Ne prenez pas la peine de me répondre, je ne vous lirais même pas.

Ben essayons quand même.

Pierre-Jean Boucher.

Votre nom déshonore la confrérie des andouillettes de France et spolie le film magistral de Claude Chabrol.

PIERRE DERENSY

le 24/09/2004
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