notre ami Jacques Colin, invité star de Teranova

notre ami Jacques Colin, invité star de Teranova

Jacques Colin nous parle de lui et de son enfance en Lorraine pour Teranova :

"Je suis né le 24 décembre 1947 à Longwy. Mon papa était employé de bureau à Lorraine-Escaut, ma mère était "sans profession", c’est-à-dire vraie maman.
Je suis allé à l’école primaire, j’ai fait des bonhommes de neige, fumé du bois fumant et puis je suis entré au lycée.

J’étais un bon élève du fond de la classe, excellent en chahut et en français, nul en maths et physique (éducation du même nom incluse).
En 1965, j’ai raté mon bac — à cause de Catherine, a dit mon père — et j’ai redoublé à Toul. Le jeudi, j’écoutais les Byrds dans un bistrot de la place des Trois-Evêchés et j’amenais Gisèle, de Pompey, dans l’ombre humide de la cathédrale.

J’ai passé quelques années en fac, à Nancy. Officiellement, j’étudiais la philosophie. En réalité, j’étais pion à Longwy, et ne mettais les pieds à Nancy que pour aller voir des films d’art et d’essai au Cameo.

Je suis entré à reculons dans la vie active. D’abord instituteur, puis prof de français en Algérie. Quand je suis revenu en France, je portais la barbe et un grand burnous blanc. J’ai commencé à fréquenter des rockers tout en vidant les stocks de mirabelle de la grande-tante de Béatrice, ma grande amie. Un jour, Béatrice et moi sommes partis rejoindre des groupes de rock. Depuis, cette mauvaise habitude ne m’a jamais vraiment quitté.

Après une brève carrière de roadie, je suis revenu en Lorraine. J’habitais en Nexirue et j’apprenais l’anglais. En fait, j’avais une camionnette de la Guilde du Livre avec un mégaphone sur le toit et je m’en servais pour faire des déclarations d’amour place d’Armes. N’ayant pas vraiment réussi dans le métier de VRP, je suis parti à Paris. J’ai travaillé un an chez des escrocs qui vendaient de l’espace publicitaire par téléphone. Entre-temps, j’avais fait le siège de Rock&Folk, et je suis devenu critique de rock en 1977.

J’ai quitté Rock&Folk en 1990 quand l’équipe fondatrice a revendu le titre. Et là, il a bien fallu que je travaille : Lui, Newlook, Entrevue, Le jardin des modes, 7 à Paris, Max. Et puis, un jour de disette, je suis entré à Voici.
Voilà.

Depuis Voici, je gribouille. Mon souci, c’est d’échapper au bureau. J’ai quelques projets de livre et l’intention de m’acheter une Gretsch Country Gentleman et un Vox (populi et dei).

J’ai une petite fille formidable : je pense fonder un groupe avec elle. Peut-être "Les Inséparables". Elle jouera de la guitare, et moi, je l’écouterai."

Jacques Colin vient de publier aux éditions Ramsay "Le Voyage à Liverpool". Un récit musical, nostalgique et filial tout à fait admirable.

Voir en ligne : Teranova

le 18/11/2003
Impression