Déclaration d’amour

Déclaration d'amour

Je m’aime. Je m’aime et j’m’en fous, j’ai l’droit, au moins je suis sûre qu’il y a quelqu’un qui m’aime en ce bas-monde ; on n’est jamais si bien servi que par soi-même après tout. Je ne vois pas où est le mal : le terme "prétention" est une invention de l’homme frustré de ne pas avoir d’aplomb.

Je me fiche que ce genre de situation soit difficilement tolérée des conventions sociales, de ces règles qui, dans un cas pareil, impliquent au contraire de ce que je fais l’usage assidû de la litote. Saperlotte, je m’aime oui, et ça fait du bien, enfin quelqu’un qui me le dit sincèrement avec toute la lourdeur du sens de ces mots ; je m’aime et le déclare à qui veut l’entendre, et s’il m’arrive d’avoir parfois du mal, ben tant pis, je me force à m’aimer. Et j’attends la même chose de mon entourage. Pas pour moi, ceux qui se lamentent et se victimisent, j’attends des gens qui s’aiment aussi, pas de ceux qui se plaignent d’être victimes de tous les maux de la nature : si selon eux leurs tares sont naturelles, ils ne pourront rien y changer, et moi non plus ; donc rien ne sert de tenter de les rassurer ou de les réconforter. D’ailleurs ma devise actuelle est "Un poissonnier, pour vendre son poisson, ne crie pas sur tous les toits que celui-ci est pourri". Donc je finis par les croire, ces gens-là : ils sont nuls, cons, moches, et ils n’ont qu’à rester persuadés que leur cas est insoluble.

Moi, de mon côté, je continuerai à m’aimer et à clamer que je m’aime ; en plus, ça implique que je suis aimable, et à force, on finira bien par me croire.

ADLP

NDLA : La logique impliquerait à la suite de ce texte des commentaires de type "Ben moi j’t’aime pas" de la part de lecteurs névrotiques et jaloux, frustrés eux-mêmes par ces conventions qu’ils ne peuvent pourtant s’empêcher de respecter et faire respecter à tout prix tant ils sont conditionnés. Bah c’est pas de leur faute hein, c’est la faute à la société. J’m’en fous, je suis prête.

le 19/08/2004
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