Dis-leur que la vérité est belle...

ALGER, 1955.

Chez les Chouraqui, on fête dans l’allégresse la naissance du petit Albert. Autour du berceau, on écoute du jazz (Gaston, le père d’Albert, est tombé dedans quand il était petit, on admire les robes des demoiselles, on parle football et mariage, on goûte aux makrouds d’Aimée (la mère d’Albert), on attend le rabbin qui doit venir circoncire Albert
La vie, quoi. La guerre vient de commencer. Une guerre qui ne dit pas encore son nom.

Sept années plus tard, les rêves seront balayés. Tout ce petit
monde se verra contraint de s’inventer un avenir. Ailleurs.

CRÉTEIL, AUJOURD’HUI.

Cinquante ans ont passé. Albert enterre sa mère. Sa fille, Cécile, est avec lui. Il n’a pratiquement jamais vécu avec elle. Il la connaît à peine.
Ensemble, ils videront l’appartement d’Aimée. Cet appartement où la famille a échoué après la débâcle. Ensemble, ils évoqueront cette Algérie, enfouie au fond de la mémoire d’Albert.
Ils feront aussi le voyage l’un vers l’autre. Cécile aidant Albert à faire le deuil d’une enfance si longtemps prolongée, en devenant enfin père.

LES FILS DU PASSÉ (D’ABORD L’ALGÉRIE, PUIS L’INSTALLATION À CRÉTEIL)
ET DU PRÉSENT (LES QUELQUES HEURES QU’ALBERT ET CÉCILE PASSENT
ENSEMBLE) S’ENTREMÊLERONT TOUT AU LONG DU RÉCIT.

Toujours guidés par Albert, nous nous arrêterons en plusieurs endroits du passé : le jour béni de sa circoncision, différents épisodes familiaux où durant cette drôle de guerre la vie continue presque comme avant, l’arrachement à cette Algérie tant aimée, l’installation chaotique en France, le départ de Brigitte (la sœur d’Albert) en Israël, la mort de Gaston.

Bref, comment en une cinquantaine d’années, la fière tribu des Chouraqui s’est dispersée.
Et comment les rescapés (Albert et Cécile) pourront continuer à en écrire l’histoire.
La guerre d’Algérie est un épisode extrêmement complexe et douloureux. Comme dans tout drame de cette dimension, il est impossible de démêler le vrai du faux. Chacun, à l’intérieur de chaque camp, détient sa part de vérité.

"Avec Dis-leur que la vérité est belle, je ne prétends aucunement à une vérité historique", précise Jacques Hadjaje.
"La pièce a pour toile de fond la guerre et l’exode massif qu’elle a engendré. Elle décrit l’itinéraire des Chouraqui, une famille juive pied-noire ordinaire, de ces “petits” pieds-noirs qui n’ont pas pu ou pas voulu choisir leur camp et qui ont été balayés par le grand vent de l’Histoire. Jusqu’au bout, ils ont espéré qu’un miracle se produise. Jusqu’au bout, ils se sont mentis à eux-mêmes, encouragés en cela par les rumeurs de tous bords ou par les déclarations ambiguës des politiques. Jusqu’au bout, ils ont voulu
croire que la vérité – leur vérité – était belle."

Dis-leur que la vérité est belle

durée : 1 h 30

Ecrit et mis en scène par Jacques Hadjaje
Texte publié aux éditions Alna

Du 19 mai au 3 juillet 2010
Du mardi au samedi à 21 h 30 - les dimanches à 15 h
Relâches exceptionnelles les 4, 20 et 27 juin

Théâtre Le Lucernaire
53, rue Notre-Dame des Champs 75006 Paris

le 20/05/2010
Impression