Ni nègre Ni métis…

A l’occasion de la sortie en salle du film de Polanski The Ghostwriter (L’histoire d’un ‘’nègre littéraire’’), l’association des Métis de France organise une opération flashmob ce mercredi 3 mars à 19h*.

Nous dénoncerons ainsi l’utilisation équivoque des mots nègre et métis pour définir certains auteurs. Un rassemblement pacifiste qui ne s’attaque en aucun cas au film de Polanski mais souhaite simplement dénoncer et s’opposer au racisme latent.

Dans l’édition, l’emploi du mot nègre pour désigner un auteur écrivant pour un autre date du XVIIIe siècle, et fait référence à l’exploitation des noirs en Afrique réduits à l’esclavage. Bien qu’ayant toujours suscité la polémique pour sa connotation raciste, ce mot est malheureusement entré dans l’usage courant.

Alors que l’occasion leur était donné d’éloigner ce terme de son sens péjoratif et humiliant, certains professionnels du livre ont préféré enfoncer le clou en désignant par le mot métis une personne qui écrit pour le compte d’une autre et dont le nom apparait dans l’ouvrage. Un article de presse du 19 février titrait ainsi « Les nègres s’affranchissent » (1), un site reprenait le même jour « Les nègres littéraires sortent de l’ombre » (2)

La désignation par le mot métis de ces forçats de la plume est tout aussi raciste que le nom d’origine. Les deux sont indignes de notre époque, indignes de notre pays.

Désigner par le mot métis le fait que les nègres littéraires soient désormais cités revient à assimiler les métis à des êtres semi avoués ou à l’existence mal assumée.

Les métis seraient-ils devenus les ‘’Bâtards’’ de la Ve République ?

Plusieurs substitutions existent comme écrivain privé, écrivain sous-traitant ou documentaliste ..., mais leur emploi n’est pas vraiment établi, au mieux on préfère utiliser les guillemets comme si leur usage enlevait toute référence raciale.

Rejoignez notre happening pour dire non à l’usage du mot nègre ou métis pour désigner des auteurs qui écrivent pour le compte d’autres.

Voir en ligne : Ni nègre Ni métis…

le 01/03/2010
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