Les héritiers de Hergé ordonnent la saisie-vente des biens de Bob Garcia.

Communiqué de Bob Garcia :

Les ayant-droit de « Tintin », réclament 40.000 euros et ordonnent pour le 11 novembre 2009 la saisie-vente des biens de l’écrivain Bob Garcia, qui a eu l’audace d’écrire cinq petites études tintinophiles sans leur autorisation.

Rappel des faits : en 2005 et 2006, l’association loi 1901 Promocom a publié cinq petites études tintinophiles de l’écrivain Bob Garcia (« Jules Verne et Hergé d’un mythe à l’autre », « Tintin à Baker Street », « Tintin au pays du polar », « Hergé la bibliothèque imaginaire », « Hergé et le 7ème art »), tirées en moyenne à 500 exemplaires chacune, et ayant pour but de faire mieux connaître Tintin auprès du plus jeune public. Deux de ces ouvrages contiennent une trentaine de vignettes de Hergé au titre de la courte citation graphique et conformément à la convention de Berne de 1974 (ratifiée par la France), afin d’illustrer le propos. Les autres n’en contiennent aucune.

Ni Promocom, ni Bob Garcia n’ont gagné un centime, ni en salaire ni en droit d’auteur, avec ces publications quasi confidentielles et auto-financées.

Nick Rodwell, l’actuel ayant-droit de Hergé a aussitôt attaqué Bob Garcia et l’association Promocom pour tenter de faire interdire ces ouvrages.

Un premier jugement – rendu le 22 mai 2008 par le tribunal de Nanterre – a admis le principe de la courte citation graphique et donné raison à Bob Garcia sur ce point.

Moulinsart a aussitôt fait appel de cette décision.

Le jugement en appel – rendu le 17 septembre 2009 par le tribunal de Versailles – infirme le principe de courte citation graphique et condamne Promocom et Garcia à payer in solidum la somme délirante de 40 000 euros (plus les dépens) pour atteinte au droit moral de l’auteur et atteinte aux droits patrimoniaux, sur des arguments plus que contestables (on leur demande par exemple de retirer des images de Tintin de l’ouvrage « Jules Verne et Hergé d’un mythe à l’autre » qui n’en contient aucune !)

L’association Promocom étant acculée au dépôt de bilan, et ne pouvant payer une telle somme, a proposé par voie d’avocat une solution de conciliation à Moulinsart (étalement du règlement). En réponse, Moulinsart – qui a fait savoir par voie de presse qu’elle cherchait une « solution humaine » à ce regrettable incident - a envoyé à Bob Garcia un commandement de payer avec saisie-vente de ses biens, au plus tard le 11 novembre 2009. Moulinsart a ensuite tenté de justifier sa position en prétextant que les « ouvrages de Bob Garcia sont bourrés d’erreurs ». Or, un article publié dans le numéro spécial du « Figaro/Beaux Arts Magazine » en 2008 sous la plume d’un « éminent spécialiste de Moulinsart » et consacré aux influences cinématographiques de Hergé, reprenait (sans citer ses sources) des extraits et visuels de l’ouvrage de Bob Garcia « Hergé et le 7ème art »… Mieux, l’auteur concluait sa présentation en feignant de s’étonner que (page 102) : « […] historiens et analystes ont, jusqu’à présent, complètement ignoré cette évidence. »

On se souvient que quelques années plus tôt, Nick Rodwell lui-même s’était approprié le texte de l’ouvrage « Tintin et moi, entretiens avec Hergé » de Numa Sadoul. Un procès, perdu en première instance et en appel, avait d’ailleurs condamné Nick Rodwell pour détournement, et donné raison à Numa Sadoul.

Dès lors, on peut s’interroger sur le but réel poursuivi par Moulinsart et de son patron Nick Rodwell. Sous prétexte de défendre Tintin, Nick Rodwell ne cherche-t-il pas plutôt à détourner et s’approprier les meilleures publications du marché, pour les publier lui-même ?

Quoi qu’il en soit, il est temps de dénoncer les pratiques rétrogrades, ordurières et d’une extrême violence mises en œuvre par les ayants droit, qui sous prétexte de défendre l’intégrité d’une œuvre entravent gravement la liberté d’expression, empêchent la publication d’études « concurrentes » qu’ils détournent à leur profit tout en faisant condamner leurs auteurs.

le 10/11/2009
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