Un premier prix littéraire « 100 % Internet »

Lorsque le peuple du livre revendique sa propre liberté de choix…

C’est sans doute, en cette période de récompenses et de gloussements dans les grandes maisons, l’événement à relever : la naissance d’un prix littéraire, « 100 % pur Web ». Au mois d’août 2009, quelques passionnés avaient lancé un défi à la communauté des blogueurs littéraires : tenter de chroniquer la majorité des livres de la rentrée 2009.

Plus de 200 blogueurs se sont donc fédérés autour d’un site central http://www.chroniquesdelarentreelittéraire.com pour faire face au raz-de-marée attendu en septembre. Ainsi devait naître naturellement le projet d’un premier « Grand Prix littéraire du Web », récompense qui sera décernée le 10 novembre prochain, le lendemain de la remise du Femina donc.

Loin d’être un « prix de plus » ou une création exotique voire anecdotique, et au moment où le débat fait rage sur l’avenir du livre numérique et l’évolution du secteur de l’édition en général dans le contexte d’un monde de plus en plus dématérialisé, cet évènement révèle à la fois une évidence et marque une rupture.

Une évidence : celle de l’existence d’une très large communauté littéraire virtuelle, qui grandit de jour en jour, mais qui n’en est pas moins attachée, fortement, au livre imprimé. Une réponse sans ambigüité aux Cassandres qui ne cessent de prédire la mort du livre à Papa.

Une rupture cependant, car ce peuple du livre, à la fois divers et multiple, qui sort ainsi de l’ombre et du silence, semble enfin se réapproprier cette chose littéraire qui lui échappait il y a peu encore et que les élites lui confisquaient depuis des lustres. Il suffit de regarder en effet la liste des livres choisis par ces blogueurs et présélectionnés pour ce premier prix Internet pour être frappés par les différences de choix par rapport aux listes officielles des « grands » prix. Car, comme l’écrit une chroniqueuse dans un commentaire : « les livres en lice ne sont pas dans toutes les autres listes ».

Et si Internet œuvrait finalement davantage pour la bibliodiversité que les fameux « professionnels de la profession » ?

le 16/10/2009
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