Débat "Pour et contre la bisexualité" chez La Musardine

Il paraît que la bisexualité n’existe pas, qu’elle est au mieux — et doit rester — un phénomène fugace et impensé, puisque l’ordre érotique impose de choisir un camp. Dogme du plaisir, économie libidinale et politique du cul font ainsi du goût des deux genres une dérive à
nier tout en la condamnant, ce qui n’est déjà pas le moindre des paradoxes, mais il se pourrait bien que la légitimité de la démarche ne résiste pas à l’analyse. Il convient toutefois de
s’interroger aussi sur les raisons de cet ostracisme, à la faveur notamment d’une déconstruction du discours sexuel et d’une mise au jour des frontières artificielles qui cloisonnent
le champ d’un désir naturel moins partagé que fondamentalement métis.

Dans cet essai volontiers provocant, rythmé par une érudition qui s’écrit à coups d’images
percutantes et sur le ton obligé de l’urgence, Karl Mengel donne une voix résolument
moderne et une identité salutairement nouvelle à celles et ceux dont la peau, l’âme et le
cœur ne sauraient se satisfaire d’un "ou" entre les hommes et les femmes. Une lecture
éclairante et libératrice.

Karl Mengel est né en 1975. Lorsqu’il ne travaille pas pour l’ONU, il écrit des deux côtés de l’Atlantique
et surfe dessus le reste du temps. Il publie en août 2009 son premier roman, Les Séditions, aux éditions
Léo Scheer.

"Pour et contre la bisexualité", de Karl Mengel, aux éditions La Musardine, 200 pages, environ 15 €.

le 24/08/2009
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