Des molécules d’ADN pour en finir avec le cancer

L’équipe de Marie Dutreix, de l’Institut Curie, a mis au point des molécules qui trompent les cellules cancéreuses en leur faisant croire qu’elles sont beaucoup plus endommagées qu’en réalité. Ces molécules sont des petits fragments d’ADN qui miment les cassures des deux brins de la double hélice d’ADN des cellules cancéreuses. Ces leurres piègent les fonctions de réparation des cellules, a expliqué Marie Dutreix. La radiothérapie ou la chimiothérapie visent à provoquer des dommages dans les cellules tumorales pour les détruire. L’un des dommages les plus préjudiciables pour la cellule est une cassure de son matériel génétique : face à un trop grand nombre de cassures, provoquées par exemple par irradiation, les cellules cancéreuses peuvent s’autodétruire. Les chercheurs ont également l’espoir que ces molécules puissent permettre de réduire les doses utilisées en radiothérapie, souvent à la limite de la toxicité pour les tissus sains qui avoisinent la tumeur. L’équipe a confectionné des molécules faussaires capables de tromper les cellules cancéreuses résistantes à la radiothérapie et de les pousser à s’autodétruire, une découverte prometteuse pour accroître l’efficacité des traitements contre le cancer. L’enjeu pour les chercheurs est maintenant de tester ces molécules sur l’homme. Les premiers essais cliniques pourraient démarrer fin 2010 ou début 2011 dans 4 centres anti-cancer parisiens.

le 15/02/2009
Impression