Nathalie Cardone sert le Beau.... bientôt sur Le Mague !

Nathalie Cardone sert le Beau.... bientôt sur Le Mague !

Hasta Siempre ! chantait-elle en 1997, en souvenir de Che Guevara. Cette si belle expression avait alors pris tout son sens en 2000, année à partir de laquelle Nathalie Cardone disparut totalement des médias, après deux énormes succès singles (Mon ange, et bien sûr l’hommage au Che), et un album éponyme livré en 1999. Un premier effort hétéroclite, alternant l’Espagnol, le Français, l’Anglais, le rock, la pop, les ballades hispaniques, et comportant un nombre impressionnant de perles (Antonio, Libre, Populaire, Baila si, ou le monumental G. stories, hommage au grand Serge).

Depuis 3 novembre, Nathalie Cardone propose enfin Servir le beau, son deuxième album, attendu comme un évènement. Dès la première écoute de ce nouvel opus, le doute n’est plus permis… Avec ces onze nouveaux morceaux, la chanteuse nous offre la grâce d’une galette faisant l’effet d’un fruit, déjà savoureux et sucré, ayant mûri au fil du temps : une voix impeccable et maîtrisée à la perfection, des textes exquis immunisés de toute mièvrerie, des arrangements sobres, puissants dans leur douceur. Ne cherchez pas les artifices : Servir le beau irradie d’une pléthore de titres riches, extrêmement riches en émotion, sincères, sans maquillage, entremêlant plusieurs styles, et redonnant du sens à la véritable définition de la musique populaire.

Yo soy rebelde, le premier extrait sorti en mars, ouvre le bal sous des guitares sèches et des cordes. Servir le beau prend la relève, résolument poignant sur ses accords au piano, comme le seront tout autant Journée de la femme et Si je pars (ce dernier de rappeler quelques atmosphères du premier cd). La reprise presque hippie du Temps des fleurs, pleine d’entrain et de fraîcheur, de jeunesse, de vie malgré la désillusion, attire pour toute l’énergie qu’elle transporte. Whispers et Mister Jim marquent à eux deux le passage le plus folk et rock du disque, duquel il se fera difficile de se remettre tant la beauté signe ces quelques précieuses minutes. Les ambiances hispaniques reviennent au galop sur Si se calla el Cantor et la nouvelle version du tube Hasta Siempre !, ô combien surprenante pour ses couleurs plus traditionnelles. Ma sœur (sera jamais ma rivale), le nouveau single, assure quant à lui un bel instant de pop rock classieuse. L’émotion culmine à son comble sur Maman, le morceau final, sonnant tel un enregistrement live, sur lequel les trois dernières notes incitent aux larmes les plus salées…

Résultat des courses : Nathalie Cardone maîtrise aussi bien sa voix que les émotions transpirant de ce nouvel opus. Les ambiances s’avèrent incroyablement rafraîchissantes de par la sincérité incontestable de l’artiste, qu’on aura attendu huit longues années sans réussir à être déçu de quoi que ce soit.

Servir le beau. Rarement un disque n’aura aussi bien défendu son nom. Un album à apprécier comme il se mérite : sur la longueur peut-être, mais pour longtemps. Tout simplement brillant.

le 01/12/2008
Impression