Dernier Brando au Paradis

On est presque surpris lorsque les grands acteurs meurent physiquement, parce qu’ils portent en eux une sorte de survivance qui dépasse largement leur vie terrestre. Les grands acteurs sont immortels, ils hantent nos rêves, nos fantasmes, sont des modèles, des amis ou des amants par procuration, ils s’insinuent dans nos têtes et notre mémoire collective pour ne faire qu’un avec nos souvenirs.

S’il y a beaucoup d’acteurs et de comédiens, les Stars se comptent presque sur les deux doigts d’une main et peu d’entre eux, finalement, sont élevés au rang de Mythe de leur vivant.
Marlon Brando était le parrain, le monarque absolu de la caste des Stars. Individu hors norme au charisme époustouflant, il faisait l’amour avec la caméra, offrait une stature et une force virile jamais vues jusque là sur pellicule.
Monstre sacré à l’existence chaotique teintée de drame, de mort, de drogue d’excès et de folie, il a offert au septième Art quelques unes des plus belles scène de son dramaturgie sur écran.
L’usine à rêve a tressailli pendant plus de quarante ans à chaque apparition de cet individu typé qui cassait tous les codes, les femmes comme les hommes ont vite perçu en lieu un des artisans du siècle, un artiste marquant, au-dessus de la moyenne, qui incarnera à lui seul et pour toujours dans l’histoire de ce média, l’homme de liberté, le fou, le psychopathe, le chef de guerre ou le mafieux.

Bon voyage Marlon, que ton « Dernier Tango au Paradis » t’offre enfin la sérénité que tu n’as pas trouvé dans la vie.

Fvw

le 03/07/2004
Impression