"Faits d’hiver" par Jean-Marc Raynaud

Pour un œil, les deux
Pour une dent, la gueule !

Depuis maintenant un certain nombre d’années, ils nous expliquent que notre couverture sociale ne peut plus continuer à être ce qu’elle fut jadis.

De plus en plus de vieux, de plus en plus de pauvres, la mondialisation, la loi impitoyable du marché, la concurrence nécessaire entre le public et le privé, entre les pays qui payent leurs ouvriers avec un lance pierre et ceux qui les payent à coups de triques, l’émergence de la Chine, celle à venir du Lichtenstein…, tout cela et bien d’autres choses encore impliquent « forcément » de rogner toujours plus sur les derniers droits des miséreux et de tondre encore plus ras le mouton prolétaire.

Vous savez tous combien vous êtes remboursés quand vous devez vous faire soigner les yeux ou les dents. Des clopinettes. Ces gens qui nous gouvernent vous ont expliqué tout cela, en long, en large et en travers. Pourquoi il ne pouvait pas en être autrement.

Pourquoi il ne pouvait pas en être autrement !
Alors, pourquoi les Sénateurs (de droite et de gauche, verts compris) bénéficient-ils d’une couverture sociale sur mesure ? Pourquoi la caisse autonome de sécurité sociale du Sénat permet-elle que les frais d’optique et dentaires des sénateurs soient presque totalement remboursés ?

Les soi-disant difficultés économiques et les nécessaires mesures d’austérités ne seraient-elles bonnes que pour certains (les pauvres) ? Un œil ou une dent de sénateur vaudraient-ils plus qu’un œil ou une dent de prolo ?
Bien évidemment !
Tant du moins que vous n’aurez pas compris qu’avec ces gens là, le seul langage qu’ils comprennent, c’est pour un œil, les deux, et pour une dent, la gueule.
Essayez, voir, et vous verrez !
Vous avez quoi à perdre !

Chaucre, le 20 septembre 2005.

Jean-Marc Raynaud

le 20/09/2005
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