"Je leur ai vendu le concept d’Il était une Mauvaise Foi"

"Je leur ai vendu le concept d'<i>Il était une Mauvaise Foi</i>"

De journaliste à saltimbanque, ce n’est jamais la routine et vive les rebondissements dans la vie de Jean-Pierre Gauffre, en marge du système star. Il mitonne un peu provoc de la voix sur les ondes de France bleu, France info et même sur le plateau d’une télévision locale sans pour autant avoir la tête comme un bocal. Mais où s’arrêtera-t-il ? Etonnant non ?

Le Mague : « Le journal du Médoc » hebdomadaire, dont vous êtes le rédacteur en chef, c’est qui c’est quoi et à quelles ont été vos difficultés pour le monter ?

Jean-Pierre Gauffre : C’est vrai que ça été très difficile.Ca demande beaucoup d’argent, c’est une industrie de main d’œuvre, la presse. On a fait aussi dans les produits dérivés, des éditions institutionnelles, c’est-à-dire un certain nombre de journaux municipaux et on a fait surtout Médoc magazine, hors série d’été à partir de 2004. Chose qui marche plutôt pas mal. Une autre vision du Médoc détachée de l’actualité, culture, patrimoine, histoire, personnages… Au bout de dix ans, on s’était dit qu’on ferait le point, ce qu’on a fait. Je suis un journaliste, un peu beaucoup saltimbanque aussi. Je n’ai pas une grande passion pour la gestion. On a tenu. Et puis l’envie de pérenniser l’entreprise, de pérenniser un titre, de sauvegarder un certain nombre d’emplois. On a vendu au groupe Sud Ouest à l’été 2007 le Journal du Médoc. C’est-à-dire une entreprise en bonne santé pour s’assurer une tranquillité d’esprit, garantir des emplois. Et puis aussi, parce que je vous le dis, moi je ne suis pas un exégète de la géopolitique de la presse en France. Actuellement je suis encore là et en même temps sur France bleu Gironde.

Le Mague : Vous voulez parler je suppose de cette autre de vos occupations à temps plein du lundi au vendredi aux environs de 8 h 10 du matin sur les ondes de France Bleu, depuis Bordeaux où vous tonnez une chronique quotidienne bien sentie intitulée « C’est lui qui le dit ». Pour celles et ceux qui l’ignorent encore, de quoi ça cause dans le poste ?

Jean-Pierre Gauffre : La chronique de France bleu ça vient d’Alain Pagès qui est le rédacteur en chef de France bleu qui connaissait mon lourd passé (sourire) et qui un jour, il y a un peu plus de 7 ans m’a demandé de faire une chronique carte blanche de deux minutes trente La encore, une fois de plus je n’ai rien choisi. Et l’histoire s’est un peu accélérée au printemps dernier où France Info l’a découverte cette chronique. Je suis arrivé en produit d’été, si je puis dire sur France Info et puis après en produit à l’année. France Info, je leur ai vendu le concept d’"il était une mauvaise foi". On part d’une info de préférence polémique catastrophiste. C’est le truc qui emmerde tout le monde, qui fait râler les gens. Puis au contraire, on explique que c’est génial, en prenant tous les arguments de mauvaise foi, un peu provoc, voir de mauvais goût.

Le Mague : La provoc sur France Info, je rêve ?

Jean-Pierre Gauffre : C’est vrai que pour les éditeurs de France Info ça a fait un choc. Ca m’a rappelé radio Classique au début. Ils n’avaient pas du tout l’habitude. Ce que je fais est tellement en décalage par rapport à l’info et peut aller assez loin dans la dérision, la provocation, dans l’absurde et le mauvais goût par moment. Je revendique totalement. Et bien, j’ai été le premier surpris que ça marche. C’est ce que la radio appelle un produit discriminant. On aime ou on déteste. Et depuis janvier de cette année, j’ai rajouté un nouveau truc. C’est France 3 Aquitaine qui me demande de faire la conclusion décalée en deux minutes trente ou trois minutes de l’émission « La voix est libre » qui est diffusée tous les samedis matins. C’est deux ou trois invités sur un thème de société ou avec un invité politique.

Le Mague : Pour en revenir à votre chronique pour France bleu, l’un des thèmes récurrents touche votre amour immodéré pour le célèbre lion de Bordeaux digne de Brigitte Barbot. Vous pouvez nous raconter il était une fois cette belle histoire.

Jean-Pierre Gauffre : Oui le lion bleu. Il n’y a aucune notion psychanalytique. Non ! Le comique de répétition c’est quelque chose qui marche bien. Pourquoi le lion bleu ? C’est une très bonne question. Je ne me la pose pas souvent. Comme souvent, ça part d’un principe d’écriture humoristique à partir duquel on essaie de faire sourire les gens. Mélangez des notions qui n’ont rien à voir les unes avec les autres. Partir d’une idée universelle, on sent qu’on va avoir une idée profonde et pouf à la fin faire que ça retombe lamentablement. Desproges était un grand maître de la chose. C’était une élévation par la pensée, par la rhétorique, par l’écriture, et puis blam. Il y a une chute terrible, d’une trivialité absolument totale et qui ne peut que forcément déclencher le rire chez ceux qui sont sensibles à cette forme d’humour. Donc le lion bleu, j’ai du partir un jour sur des choses extrêmement universelles qui devaient avoir une hauteur d’esprit, une hauteur de vue et puis de ramener après à quelque chose d’extrêmement terre à terre. De toute façon, faut rien chercher dans mes chroniques. Il n’y a rien qui m’emmerderait plus que d’être pris pour un leader d’opinion parce que c’est tellement à l’opposé de ce que j’ai envie de faire.

Le Mague : En fait ma question c’était pour des personnes qui ne connaissent pas Bordeaux. Qu’est-ce que ça peut représenter, à quoi ça peut ressembler cette bestiole typique du bestiaire girondin ?

Jean-Pierre Gauffre : Le lion bleu c’est une sculpture monumentale qui se trouve au bord de la Garonne côté rive droite qui est composé dans un matériau un peu bizarre avec des facettes, oui un peu bleutées. Ca ne me touche pas vraiment. Bon, c’est devenu le gros lion moche en plastique mais je n’en veux pas au sculpteur. J’aurai pu jeter mon dévolu sur tout à fait autre chose. C’est clair.

Le Mague : Le Bartos qui est accro à vos chroniques me rabat les esgourdes à propos de celle du jeudi 12 janvier 2009. Sans doute l’une de vos plus fameuses. Elle aura marqué les anales du paysage radiophonique torride en ce petit matin frisquet. Votre géni du texte accouplé au jeu du comédien…. O fête c’était quoi déjà le thème ?

Jean-Pierre Gauffre : Le point G ! Oui d’abord, moi je trouve que c’est une excellente campagne de promotion pour le tourisme en Gironde. Oui G comme Gironde. On peut mettre le visuel pour que les gens comprennent. Cet espèce de drapeau qui claque au vent sur un beau ciel bleu et ce drapeau qui est lui-même bleu avec ce slogan : « Avez-vous découvert votre point G » ? Blague à part, c’est une excellente campagne de publicité. Le slogan est assez gonflé donc forcément on va parler d’eux. C’est le but. Le point G, on voit bien où ils veulent en venir. Votre lieu touristique, est-ce que c’est plutôt la plage ou le vignoble, ou plutôt la forêt, le tourisme vert etc. Il est évident que je ne pouvais pas laisser passer. C’est devenu, cet espèce de grand délire sur fond de musique striptease des années 50, saxo langoureux.

À suivre…

Pour les liens radio-télé :
France Info, France Bleu Gironde, France 3 Aquitaine (La voix est libre).

Ici la 1ère partie de l’entretien avec Jean-Pierre Gauffre !