Tout ce qui brille n’est pas Diam’s

Si vous avez échappés à son flow radiophonique, à ses incursions télé et à ses clips, c’est que vous êtes sourds, aveugles ou que vous vivez sur la planète Mars. Diam’s est une métis franco-arabe à la peau très blanche qui n’est ni une bombe latine ni une blonde platine, et qui veut qu’on la laisse danser avec son mec car elle n’est vraiment pas d’humeur à ce qu’on lui prenne la tête.

Une nouvelle idole est née dans les cités, les banlieues, la province et tout ce qui est jeune et qui écoute de la musique avec des oreilles grandes ouvertes.

Diam’s est une fille un peu masculine qui rêve d’une grande maison au bord de la mer, qui est droite, religieuse, honnête et qui aime bien donner des leçons sur la vie. Elle écrit bien, très bien même et son premier album autobiographique, très intime est une production sacrément réussie, un bon dosage entre le commercial, l’original, le sincère et le marketing.

Son papa l’a quitté elle et sa mère lorsqu’elle avait trois ans, alors elle lui en veut ; d’être parti, d’avoir une double culture parfois difficile à porter et des relations hard avec les mecs… d’être une fille qui se cherche perpétuellement, sauf dans la musique.

Alors elle couche avec un black et ça l’énerve que des gens critiquent cet état de fait. Mélanie alias Diam’s frappe fort, chante juste, entre agressivités et élans poétiques touchants, saisissants et un véritable renouveau du genre.

Derrière les mélodies, le timbre de voix qui s’impose, il y a les mots qui traduisent les maux et la souffrance du quotidien d’une fille de vingt ans qui aime, qui vit et qui survit dans un monde de brute. Les moqueries, les coups d’un ex-petit ami jaloux, l’hostilité du monde et l’incompréhension des adultes.

Rien n’avait été aussi pertinent dans le monde du rap depuis « La première consultation » de Bruno Beausir alias Doc Gynéco même si la donzelle revendique davantage des liens de cœur, de rythme et d’idéologie avec NTM.

Las où la chaussette de basket Nike blesse, c’est au niveau du discours. Diam’s la prosélyte islamiste a parfois des relents insupportables de morale religieuse. Diam’s la puritaine a un peu trop tendance à nettoyer le monde de tout ce qui n’est pas vertueux et accepté par Allah et ses cousins en soutanes intégristes. ("Je crois en Dieu grave"). Il y a un côté dénonciation de la pétasse qui nous rappelle les prescriptions cruelles de certaines tournantes par des jeunes filles au-dessus de tout soupçon qui montrent du doigt la « pécheresse » à violer en réunion.

Diam’s est à défendre, sa musique et sa gagne le méritent mais on espère qu’elle lèvera vite le voile sur de vilaines idées rétrogrades. Elle a tout à y gagner si elle veut que son diam’s soit éternel.

Diam’s, Brute de femme.

Mélanie Diam’s sur son site officiel

Diam’s, Brute de femme.

Mélanie Diam’s sur son site officiel