Jean-Émile Sanchez Fauché pour l’Exemple
Les faits datent du 14 août 2004. Jean-Émile Sanchez, avec le concours de 48 acolytes armés de faux, mettent à sac un champ de maïs génétiquement modifié près de Pithiviers, dans le département du Loiret. La compagnie américaine Monsanto, propriétaire de la parcelle dévastée, porte plainte, elle est déboutée le 9 décembre 2005 en 1ère instance, le tribunal correctionnel d’Orléans ayant accepté l’état de nécessité comme fondement de l’action des faucheurs volontaires. Mais la Cour d’appel, le 27 juin 2006, en décide autrement, et condamne les malfaiteurs à 2 mois de prison ferme en ce qui concerne Jean-Émile Sanchez, et à la même peine avec sursis pour ses complices. Les faucheurs, pour qui cette action en justice au long cours offre l’opportunité d’une tribune, surtout avec les élections présidentielles qui se profilent à l’horizon 2007, n’entendent pas en rester là, ils présentent un recours en cassation. Quelques semaines avant le 1er tour de scrutin, on se souvient qu’un autre jugement pour des faits similaires avait failli contraindre le candidat José Bové à faire campagne au fond d’une cellule, mais la décision n’a pas été rendue exécutoire… Les 483.008 suffrages récoltés par ce dernier le 22 avril n’ont vraisemblablement pas suffi pour que la Cour de cassation prenne en compte la portée de la démarche des faucheurs volontaires, et confirme vendredi la décision d’appel du 27 juin. D’ailleurs, Jean-Émile Sanchez et ses comparses n’en sont pas à leur coup d’essai, le premier est un anarchiste notoire, établi sur le site militaire du Larzac et un ancien cadre de la Confédération paysanne. Un dangereux récidiviste, en somme… Pour autant, ses motivations ne sont pas complètement ignorées par un gouvernement qui souhaite agir pour le développement durable : quand bien même Alain Juppé se refuse à prononcer le mot moratoire, il a saisi, conjointement avec sa collègue de l’Agriculture, une commission d’experts afin de réexaminer la toxicité du seul maïs OGM commercialisé en France, le Mon810. Mais ce n’est pas une raison pour se conduire en pirate !
Le juge a décidé du sort du prévenu,
Quoi qu’il en soit, ce type est un récidiviste
Même au fond, s’il n’est qu’un prosélyte activiste !
Son style est obsolète et plutôt malvenu…En arrachant ces plants, n’a-t-il rien obtenu ?
Si : le gouvernement décide à l’improviste
D’examiner dans un esprit positiviste
Le végétal en cause afin qu’il soit connu.Plutôt bohème, un peu anar : pas dans la norme !
Ce qu’il a fait dans la parcelle est plus qu’énorme,
Lorsqu’il a décidé qu’il était temps d’agir…C’est en prison qu’il va célébrer sa victoire
Pour un forfait dont il n’a pas eu à rougir,
S’il fallait qu’il soit là pour faire un moratoire.
Les prises de position de Jean-Émile Sanchez.